L'expiation a vu sélectionner les derniers tributs de Panem, mais aujourd'hui après les heures sombres... tout un monde est à reconstruire... Et si nous n'avions pas tiré les leçons du passé...
 

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 Katniss Everdeen

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MessageSujet: Katniss Everdeen   Mar 8 Mai - 8:01

Katniss Everdeen

Je m'appelle Katniss Everdeen, j'ai 18 ans, j'ai participé aux jeux...

Informations Générales...

Dossier N°XXXXXXX classifié parmi les rebelles du Geai Moqueur.


Le sujet du jour se nomme Katniss Everdeen, il est âgé de 18 ans. Le sujet est originaire du district 12 et actuellement il séjourne dans/au le district 12. Nous avons appris de sources sûres que le sujet est hétéro.
Le sujet est vainqueur des Hunger Games et chasseuse, et est assimilé à la classe sociale supérieure de Panem. Son nom est apparu 23 fois fois dans les moissons.
Le sujet est affilié à:
- Lilly Everdeen
- Peeta Mellark
- Gale Hawthorne
- Haymitch
.
Le sujet semble ambitionner de: survivre simplement à son existence.
En outre il a pour particularité d'être le Geai Moqueur, ancienne co-championne des 74ème Hunger Game et participante à la 75ème édition..

Dossier médicale et critères de reconnaissance du sujet...



PHYSIQUE; remplissez simplement les champs...
₪ Taille: 1m70 environ, je ne suis pas très sûre
₪ Poids: Un petit 50kg je crois
₪ Couleur et longueur des cheveux: Brun et long, même s'ils repoussent lentement après... après le Capitole
₪ Couleur de peau: (naturelle et/ou non) Blanche mais légèrement tannée par le soleil. J'ai passé tant de temps à l'extérieur. Avant.
₪ Couleur des yeux: Gris comme tous ceux venant de la plaque.
₪ Style vestimentaire: Confortable, pratique, un pantalon, un tee-shirt, la veste en cuir de mon père...
₪ Autre chose à nous faire savoir: Mon corps est couturé de cicatrice des arènes et du Geai Moqueur.


SIGNES PARTICULIERS; Remplissez simplement les champs de façon exhaustive, ne venez pas nous sortir une cicatrice de guerre de 15cm si elle n'a pas été faite en rp et/ou si elle n'apparaît pas ici.
₪ Allergie(s): Aucune que je ne connaisse.
₪ Tatouages(s): Pas vraiment
₪ Cicatrice(s): Sur tout le corps, vous les lister serait trop compliqué. Disons que j'ai été brûlée vive, blessée par des couteaux et malmenée plus qu'il est possible de vous l'exprimer.
₪ Opération(s): Mon corps à une fois déjà été complètement réhabilité pour les médias. Est-ce que ça compte?
₪ Maladie(s): Je n'en sais rien, la folie peut-être. Où simplement ce que l'on appelle, le contre-coups de l'arène.
₪ Piercing(s): Non, non, enfin si. Les oreilles... Longue histoire encore une fois.
₪ Autre(s): Je ne crois pas...
CARACTÈRE;

Passionnée: Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n'y a rien qui ne puisse m'arrêter une fois que je me suis décidée. Je vis les choses à fond, je fais ce qu'il doit être fait. Ma passion s'exprime donc dans le combat que je mène. Que ce soit un petit combat de chaque instant, comme continuer d'exister, ou des grandes causes comme celle du Geai Moqueur.
Déterminée: Comme je viens de le dire, rien ne m'arrête une fois que je me suis lancée dans une idée. Je suis réfléchie, je ne suis pas une tête brûlée. Je sais simplement où sont mes objectifs et pourquoi je dois réussir à les atteindre...
Secrète: Personnellement je ne vois pas ça comme un défaut bien au contraire. Il y a certaine chose que les gens ne veulent pas entendre. Et encore bien d'autres choses dont je n'ai pas envie de parler en général.
Courageuse: C'est tout du moins ce que l'on dit de moi. Pour ma part ce n'est que de la bêtise. Le courage est une notion bien surfaite selon moi. Je pense que dans la vie tout se résume à une maxime bien banale. Tuer ou être tué. J'ai choisi la vie, la liberté. Je crois qu'il n'y a rien d'autre à dire.
Forte: Je l'ai été je crois, autrefois. Pour ma famille quand mon père et mort parce que je n'avais pas le choix. Pour Prim je... Mais aujourd'hui j'ai parfois même du mal à me souvenir qui je suis. Je ne me considère pas comme forte parce que je suis encore en vie. Alors je ne sais pas... Peut-être finalement n'est-ce pas quelque chose que l'on est, mais quelque chose que l'on doit être à certain instant de notre vie...
Altruiste: Si vous le dites! Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de parler du Geai Moqueur pour cela, parce qu'au contraire je suis bien égoïste. J'ai sauvé Peeta autant pour lui que pour moi. J'ai sauvé Prim parce que sa survie m'était nécessaire. Alors altruiste, je n'en sais rien, bien malgré moi peut-être. Sans que je m'en rende vraiment compte en tout cas...
Débrouillarde: S'il y a bien quelque chose que je peux vous accorder c'est bien ça. Je suis débrouillarde, j'ai toujours su me dépatouiller et apprendre ce qui était nécessaire pour exister. Je ne suis pas vraiment exemplaire en quoi que ce soit. Mais oui, je suis un survivante.
Digne de confiance: Je n'accorde que très rarement mon intérêt et encore moins souvent mon affection. Seulement quand je le fais, je le fais complètement. Ces personnes-là pourront en effet compter sur moi, quoiqu'il arrive...

Solitaire: Pendant longtemps, seule trois personnes ont vraiment pu m'approcher et véritablement me connaître, enfin, deux et demi: Ma mère, Prim et Gale. Je ne suis pas quelqu'un qui se lie facilement. Au contraire même, je suis plutôt difficile je dois bien le reconnaître. Mais s'attacher, c'est aussi apprendre à dépendre de quelqu'un de sa survie, de son existence. J'ai trop perdu, tant perdu... La solitude chez moi c'est comme une seconde nature. Enfin, quand Peeta me laisse le loisir de me replier sur moi-même évidemment.
Têtue: Pas plus que toi Haymitch! Je sais simplement ce que je veux. Je compense mon affabilité par une détermination à tout épreuve, est-ce de ma faute si une fois que j'emprunte un chemin je ne me retourne presque jamais ?
Volontaire: Je sais ce que je veux et je sais exprimer mes idées, mes envies, mes opinions. Je me doute que cela doit être difficile à comprendre. Mais pour atteindre mes objectifs je n'ai que très peu de tabous ou de limites. C'est pour ça ou plutôt malgré ça que je suis toujours en vie.
Distante: Je vous l'ai déjà dit, je ne m'approche pas facilement des gens. Tout est question de liberté. Plus je reste distante du reste de Panem et plus je suis libre de gérer mon existence. J'ai trop perdu par le passé pour contracter de nouvelles attachent, de nouvelles dettes. Laissez-moi le temps d'apprendre à me gérer moi-même.
Froide: Je ne pleure que très rarement, en public tout du moins. Je négocie, je ne transige pas et je fais ce qu'il faut pour survivre. Alors oui, je ne suis pas d'un naturel joyeux, je ne l'ai sans doute jamais été, pas depuis la mort de mon père en tout cas.
Possessive: Je doute que l'on puisse vraiment parler de jalousie me concernant, c'est pourquoi je préfère employer ce terme. Je suis possessive envers le peu qui m'appartient. Je le soigne, le protège... Je fais de mon mieux pour assurer la survie, à défaut du bien-être de chacun. J'ai trop peu aujourd'hui pour accepter de perdre. C'est ainsi.
Rancunière: Je n'oublie rien, je n'oublie pas, je laisse simplement mûrir lentement le fruit de la vengeance jusqu'à ce que je sois en mesure de l'exprimer. C'est ainsi, il y a certaines choses dans ma vie que je ne suis pas en mesure de pardonner...
Prude: C'est Peeta qui m'a appris ça dans l’ascenseur, leur de la 3 ème expiation. Je doute que cela ne soit le cas, vraiment, je lui ai sauté dessus à longueur de journée. Est-ce ma faute s'il m'est plus facile de voir un corps mort qu'un corps nu ?

♦ Vos plus grandes forces; Ma détermination, mon instinct de survie principalement.
♦ Vos plus grandes faiblesses; Ma peur de me lier, de faire confiance, de perdre à nouveau. D'exister même, peut-être...

Entretien avec le sujet...



PEETA MELLARK

Je ne sais plus où se trouve la limite qui me sépare de lui. Peeta est important pour moi. Nous avons tant vécu ensemble et je ne suis pas prête à le laisser partir. Pourtant je ne sais quelle place lui accorder dans ma vie. C'est comme si j'étais éparpillée un peu partout. Peeta mérite mieux que ça...

GALE HAWTHORNE

Gale est ma famille, mais pour lui non plus je ne sais plus où j'en suis. Je l'ai laissé me quitter. Je l'ai laissé endosser la responsabilité de la mort de Prim. Et pourtant il me manque. Pourtant j'aimerais faire comme si rien ne s'était passé. Comme si nous pouvions retourner, seuls tous les deux chasser dans les bois comme autrefois. Comme j'aimerais pouvoir le faire... Me reconstruire dans ce qui avait été...

HAYMITCH ABERNATHY

Il fut notre mentor à Peeta et à moi durant les deux éditions des jeux auxquels j'ai participé. Il nous a sauvé la vie. Nous a guidé. Mais quelque chose en moi ne parvient pas à lui pardonner d'avoir abandonné Peeta dans l'arène. Je ne parviens pas à me résoudre qu'il ne nous a pas vraiment trahi, qu'il a au contraire fait de son mieux pour nous protéger. Dans l'ombre en tout cas.

JOHANNA MASON

Elle me tapait sur les nerfs, je ne vois pas comment exprimer les choses autrement. D'ailleurs j'ai longtemps cru qu'elle essayait de me tuer et puis... elle a été ma colocataire et j'ai appris ce qu'il lui était arrivée. Lors de ses premiers comme après les seconds d'ailleurs et la vision que j'avais alors d'elle a changé. Johanna est une sorte d'amie à présent. Une amie bien trop seule à mon goût...

LEON ERIKSEN

Le chef de la rébellion. Je n'ai pas cru que je serais rappelé un jour pour prendre part à un nouveau combat. J'ignore d'ailleurs si je dispose encore des ressources nécessaires pour le faire. Mais ce combat, c'est moi qui l'ai initié, bien malgré moi certes, mais quand même et je n'ai pas l'intention d'abandonner si près du but. Pourtant, je n'aime pas être prise en pitié. Il n'a aucun droit de le faire et un jour où l'autre je le forcerai à comprendre pourquoi...

ANNIE CRESTA

J'ai tué son mari, le père de son fils dans ce qui fut notre dernière mission alors comment pourrais-je espérer ne serait-ce que plonger mon regard dans le sien? Je ne crois pas que cela soit possible. Autant je voudrais l'aider, autant pour Finnick j'aimerais lui apporter le soutien que je lui ai volé, autant je sais que c'est impossible... Pour l'instant en tout cas.

LILLY EVERDEEN

Ma mère. Le dernier lien de sang qu'il me reste. Mais il lui est trop difficile d'être auprès de moi. Trop difficile de m'aimer après ce qu'il s'est passé avec Prim et le 12. Je ne suis pas certaine de pouvoir lui en vouloir et pourtant. Si je suis seule aujourd'hui c'est parce qu'elle l'a décidé. Alors comment pourrais-je lui pardonner? Comment pourrait-on se pardonner l'une l'autre?

HAZELLE HAWTHORNE

J'éprouve un grand respect pour cette femme, pour ce qu'elle a fait pour sa famille. Je me souviens de l'avoir vu trimer au quotidien pour nourrir ses enfants. J'aurais tellement aimé que ma mère en fasse autant. Hazelle et sa famille sont donc tout naturellement devenu la sienne aujourd'hui, du moins dans le secret de son coeur...

EVA PAYLOR

Aussi étrange que cela puisse paraître, Paylor est très exactement ce que j'espérais pour Panem. Nos rencontres ont certes été à chaque fois des plus choquantes, mais Paylor a toujours su montrer sa foi, son courage et sa détermination en ma présence. C'est ce dont Panem à besoin pour se reconstruire et j'ai toute confiance en elle pour parvenir à créer le monde dont nous espérons...

PLUTARCH HEAVENSBEE

Je sais que ses intentions étaient bonnes, du moins je l'espère. Je sais également que je l'ai humilié lors de mes premiers jeux. Mais me suis-je à ce point trompé à son sujet? Il est responsable de l'envoi des bombes qui ont tué Prim et je ne sais comment lui pardonner. Le jour viendra où lui et moi devrons avoir une conversation à ce sujet. Mais pas maintenant, je ne suis pas encore prête à accepter la vérité...

EFFIE TRINKET

Effie est aussi différente de moi qu'il est possible de l'être. C'est difficile à expliquer et pourtant, je crois que je suis parvenue à l'atteindre d'une manière inespérée. Elle n'a peut-être pas combattu parmi les Geai mais... et bien, je suis persuadée qu'elle ne s'est pas rangée du côté du Capitole. Peut-être suis-je parvenue à lui ouvrir un peu les yeux sur le monde. En tout cas Effie est la fragilité incarnée et je lui suis reconnaissante de tout ce qu'elle a fait pour Peeta et moi...

WILLIAM ANDERSON

Cinna me manque bien plus que je ne saurais l'exprimer. Il fut mon seul ami, mon confident pour les jeux. Il a su m'approcher et me comprendre bien mieux que la plupart des gens et... il a donné sa vie pour moi. Aujourd'hui je ne peux plus rien faire pour lui et je le déplore. Mais peut-être qu'un jour quelqu'un m'offrira la chance que j'attends de lui rendre hommage. Et il y a tout à parier que ce jour-là je répondrai présente...
Entretien psychologique et double personnalité du sujet...



Le principe est simple, ici il te suffit de répondre du tac au tac le première chose qui te vient à l'esprit...

¤ Avec ou sans Hunger Games? La question ne se pose pas... sans!
¤ Les enfants c'est jamais.
¤ Quelle couleur? vert.
¤ Une arme? un arc et un carquois plein.
¤ Le courage c'est de protéger les siens.
¤ Bien ou mal? c'est dépassé je crois.
¤ La gentillesse, la compassion c'est rare.
¤ Sucré ou salé? quelque chose dans mon assiette c'est déjà bien.
¤ La hiérarchie pour toi c'est l'apprentissage de l'oppression.
¤ Fidèle ou infidèle? fidèle aux miens.
¤ La rancune pour toi c'est une pensée qui ne vous lâche pas.
¤ Hommes ou femmes? face à l'adversité je ne suis pas certaine que ça ait du poids. Mais homme je dirais.
¤ Le sexe pour toi c'est Inconnu.
¤ La religion pour toi c'est Ignoré.
¤ La rébellion pour toi c'est mon personnage.
¤ Tension ou passion? L'un va-t-il sans l'autre?
¤ L’honnêteté c'est... de dire le fond de sa pensée quel qu’en soit les conséquences.
¤ Seul ou accompagné? Je ne sais pas, je ne sais plus...
¤ La confiance pour toi c'est rendre quelqu'un nécessaire à ma survie.
¤ Le jour ou la nuit? Le jour... les nuits sont difficiles.
¤ L'amour c'est une bonne question...
¤ Juge, jury ou bourreau? j'ai été les trois, parfois même à la fois.
¤ Le mot de la fin? Je peux rentrer chez moi?
Au joueur/A la joueuse de nous parler de lui à présent.

₪ Prénom ou Pseudo; Steph
₪ Âge; 25 ans
₪ D'où viens-tu?; Des forums évidemment :p
₪ Que penses-tu du forum? Je dois vraiment répondre?
₪ Que penses-tu du design ? Chaussette est formidable **
₪ Comment as-tu atterri ici? En lisant les livres sur les conseils d'une amie :p
₪ Double compte? (cf.règlement) Nop par pour l'instant :p
₪ Votre avatar? Jennifer Lawrence.
₪ S. Collins et moi? J'ai adoré et dévoré.
₪ Autre chose à ajouter? Rien pour l'instant.
₪ As-tu signé le règlement ?
Spoiler:
 
₪ Que faire de moi?
Spoiler:
 
₪ Voulez-vous être parrainé? Nop merci, ça devrait aller je pense.
₪ LE CODE DU REGLEMENT;



Dernière édition par Katniss Everdeen le Sam 9 Juin - 9:12, édité 18 fois
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MessageSujet: Re: Katniss Everdeen   Mar 8 Mai - 8:02

Entretien avec le sujet...



L'ENFANCE DU SUJET:

D'où viens-tu? Où et comment as-tu grandis? Des choses marquantes durant ton enfance?


Mon enfance je l’ai passé dans le district 12. Je crois que c’est vraiment le seul moment de ma vie où j’ai été vraiment heureuse. Je passais tout mon temps libre avec mon père. J’ai appris de lui bien des subtilités de la vie. Il m’a appris à aimer la nature, à en reconnaître ses bienfaits, il m’a appris à nager, à chanter. Mon père était tout pour moi. Et plus que tout, il était fou d’amour pour ma mère qui le lui rendait bien. Tout semblait si simple alors, même si l’argent faisait déjà défaut à mon existence, à cette période-là. Et puis vint Prim, les premiers secrets, les premières mésententes avec ma mère. Je crois d’ailleurs que je ne l’ai jamais vraiment comprise. Je ressemble sans doute trop à mon père pour ça… Enfin !

Mon père était le ciment de notre foyer. Celui qui faisait chanter la vie qui nous entourait. J’étais tellement loin des jeux quand j’étais auprès de lui, tellement loin de l’idée que je m’apprêtais à le perdre en même temps que mes illusions de bonheur, que mon enfance… En effet, celui qui m’avait le premier conduit hors des limites du district 12 allait périr un matin dans la mine. Un coup de grisou qui allait emmener bon nombre des habitants du district, et qui allait bouleverser la mienne à jamais…

Je me souviens encore de ce jour-là, du sourire et du baiser de ma mère alors que mon père partait au travail, avec en tout et pour tout, le dernier morceau de pain qu'il restait à la maison et une marmite de soupe qui serait sans doute déjà froide quand il devrait la manger pour son déjeuner, mais jamais il ne s'est plaint de son sort. Au contraire même, je me souviens qu'il me donnait l'impression d'être l'homme le plus chanceux du monde... Mais jamais il ne la mangerait... Il nous a demandé à Prim et moi d'être sage à l'école et nous a promis une surprise à son retour si c'était le cas... Jamais nous ne saurons non plus ce qu'il nous préparait...

Ho bien sûr, le Capitole dans sa grande générosité, nous a versé un peu d'argent et un peu de Tesserae le temps que ma mère ne retrouve un emploi, seulement... Sa peine était trop grande et trop vite les réserves de nourritures sont arrivées à manquer. Si j'avais eu faim par le passé, j'ignorai jusqu'alors ce que signifiait mourir de faim... J'ai tenté dans un premier temps de donner à ma mère le temps de se remettre, fouiller les poubelles pour trouver de quoi nous nourrir, mais le moment vint où tout cela ne suffisait pas. Nous mourions, nous étions en train de mourir littéralement de faim et si ce n'était mon corps décharné qui me le disait, mon estomac qui refusait de s'apaiser, s'étaient les yeux de Prim qui en témoignaient. Si moi je pouvais accepter ce sort, je ne pouvais pas l'accepter pour ma petite soeur. Mon père ne me l'aurait pas pardonné.

Et c'est alors que Peeta est entré dans ma vie. Alors qu'âgée de 11 ans, quelques mois à peine après la mort de mon père, j'acceptais ma fin, il m'a offert deux miches de pain.

Citation :
"Au niveau de la boulangerie flottait une odeur de pain frais, si forte que j'en ai eu le vertige. Les fours donnaient derrière, et une lumière dorée s'échappait de la porte ouverte de la cuisine. Je suis restée là, fascinée par la chaleur et l'arôme capiteux, jusqu'à ce que la pluie s'en mêle et que ses doigts glacés au creux de mon dos me ramènent à la réalité. J'ai soulevé le couvercle de la poubelle du boulanger : elle était vide - impitoyablement vide. Une voix brutale m'a soudain aboyé dessus, et j'ai relevé la tête pour découvrir la femme du boulanger. Elle me Criait de déguerpir si je ne voulais pas qu'elle appelle les Pacificateurs, et qu'elle en avait assez de surprendre ces sales gamins de la Veine à fouiller dans ses ordures. Dures paroles, auxquelles je n'avais rien à répondre. Alors que je reposais le couvercle et battais en retraite, je l'ai vu, un jeune garçon aux cheveux blonds qui m'observait dans le dos de sa mère. Je l'avais aperçu à l'école. Il était dans la même classe que moi, mais j'ignorais son nom. Il était toujours fourré avec les enfants de la ville, comment l'aurais-je connu ? Sa mère est retournée à l'intérieur en fulminant, mais il avait dû me voir contourner l'enclos de leur cochon et m'adosser au tronc d'un vieux pommier.

J'ai fini par me résigner à l'idée de rentrer bredouille. Mes genoux m'ont trahie, et je me suis laissé glisser au sol le long du tronc. C'en était trop. Je me sentais mal, faible et fatiguée, oh, si fatiguée. « Qu'on appelle donc les Pacificateurs et qu'on nous emmène au foyer communal, ai-je pensé. Ou, mieux encore, que je crève ici même, sous la pluie. »

Des bruits sont sortis de la boulangerie. J'ai entendu la femme hurler de plus belle, puis un bruit de coup, et je me suis demandé vaguement ce qui se passait. Des pas ont clapoté vers moi dans la boue, et je me suis dit : « C'est elle. Elle vient me chasser à coups de bâton. » Je me trompais, cependant. C'était le garçon. Il tenait dans les bras deux grosses miches, qui avaient dû tomber dans le feu à en juger par leur croûte noircie.

— Jette-les donc au cochon, crétin ! a hurlé sa mère. À qui veux-tu qu'on vende du pain brûlé ?
Il a arraché quelques morceaux calcinés, qu'il a lancés dans l'enclos. Puis le carillon de la porte d'entrée a tinté, et la mère a disparu pour servir un client. Le garçon ne m'a pas accordé un regard. Moi, en revanche, je l'observais. À cause du pain, à cause de la marque rouge sur sa pommette. Avec quoi l'avait-elle frappé ? Mes parents ne nous avaient jamais battues. C'était inimaginable, pour moi. Le garçon a jeté un coup d'œil derrière lui, comme pour s'assurer que la voie était libre, puis, se retournant vers le cochon, a lancé l'une des miches dans ma direction. La seconde a suivi aussitôt, après quoi il a regagné la boulangerie en refermant soigneusement la porte de la cuisine derrière lui.

J’ai fixé les miches avec incrédulité. Elles étaient très bien, parfaites, même, à part la croûte brûlée. Avait-il voulu me les offrir ? Sans doute, parce qu'elles gisaient à mes pieds, tarant qu'on me surprenne, je les ai fourrées sous ma chemise, j'ai refermé les pans de ma veste de chasse et déguerpi promptement. La chaleur des pains me brûlait la peau, pais je les ai serrés encore plus fort, comme on se cramponne à la vie.

Le temps que je rentre, les miches avaient un peu refroidi, mais restaient tièdes à l'intérieur. En me voyant les poser sur la table, Prim a tout de suite voulu en prendre un morceau. Je l'ai obligée à s'asseoir, j'ai forcé ma mère à nous rejoindre à table et je nous ai versé du thé chaud. J’ai gratté la croûte noircie puis coupé le pain. Nous avons dévoré une miche entière, tranche après tranche. C'était de l’excellent pain, aux raisins et aux noix.

J'ai étendu mes vêtements près du feu, je me suis glissée dans le lit et me suis endormie d'un sommeil sans rêves. C'est seulement le lendemain matin que m'est venue l'idée que le garçon avait pu brûler ses pains exprès. Peut-être qu'il les avait lâchés dans le feu, sachant qu'il serait puni, pour me les donner ensuite. Mais non, c'était forcément un accident. Pourquoi aurait-il agi ainsi ? Il ne me connait même pas. Malgré tout, le seul fait de me les avoir lancés constituait déjà un sacré cadeau, qui lui vaudrait sûrement une correction sévère si on l'apprenait. Je ne m'expliquais pas son comportement." (Extrait du Tome 1 de la saga Hunger Games de Suzanne Collins)

Mais cette fois ne fut que la première fois où Peeta m'a sauvé la vie cette année-là. C'est à l'école qu'a eu lieu celle qui allait révolutionner mon existence et peut-être, si on n'y réfléchit, me permettre de trouver les ressources nécessaires pour tous les deux, de nous sortir de l'arène.

Ce jour-là en effet, je cherchais le moyen de le remercier, de lui faire savoir ma gratitude sans trop savoir comment l'exprimer. Et puis... Quand j'ai croisé son regard, je n'ai pû le soutenir. C'est alors que j'ai baissé les yeux sur le sol et que je suis tombée sur une plante. Rien de merveilleux non, une simple herbe folle dont les racines s'enfonçaient profondément dans la terre. Mais à ce moment-là, j'ai su, oui j'ai su comment nous en sortir, ma mère, Prim et moi. Par des moyens que m'avait enseignés mon père, par les plantes comestibles de la forêt, par la chasse, la pêche. Le district 12 si on cherchait bien regorgeait de ce dont il était nécessaire pour survivre. Et c'est ainsi, grâce au garçon des pains, que j'ai passé le grillage pour la première fois pour m'enfoncer dans la forêt avec la volonté inébranlable de faire vivre ma famille et les quelques conseils et savoirs que je possédais en la matière...

LES ANNÉES DE MOISSONS:

Comment c'est passé ton adolescence? La puberté et tous ses changements? La libido qui se réveille? Étais-tu un ado difficile? Croquais-tu la vie à pleine dent? Et la sexualité dans tout ça? Tes rapports avec l'autre sexe? Comment as-tu vécu tes moissons? La vision des Hunger Games? Était-ce un soulagement de ne pas avoir été un tribut ? As-tu au contraire été un tribut? Si oui, comment as-tu vécu l'arène, les morts, la sélection, la préparation? Comment en es-tu ressortis physiquement et moralement? Tribut ou non qu'elle est aujourd'hui ta vision du monde? Sinon parles-nous de ce que tu as ressenti à regarder les tiens mourir dans l'arène?...


Je vous parlerai sans doute de la rébellion un peu plus tard et donc de la troisième expiation à ce moment-là. Je vais seulement vous parler de ce qu’il s’est ensuite passé pour moi. Des moissons où je n’ai pas été « récoltée » et plus encore de celle où je le fus. De celle qui allait encore une fois tout changer pour moi. Je vous raconterai tout ce que j’ai fait et vu au Capitole. Tout ce qui allait m’amener à me préparer pour le district 13 et la rébellion. Mais ne vous attendez pas à une histoire pleine de joie et de promesses. Gardez à l’esprit que survivre est ce qui a toujours dicté mes actes depuis la mort de mon père et que c’est justement ce qui m’a amené à faire les choix que j’ai fait…

Pour reprendre là où je me suis arrêtée, j’ai donc passé le grillage pour me rendre dans la forêt où j’espérais trouver de quoi nourrir ma mère et Prim. Mais chasser n’était pas aussi évident que je le pensais, tout comme pêcher ou même savoir quelles herbes étaient comestibles ou pas. J’ai galéré un bon moment jusqu’à trouver des collets. Les collets de Gale. Ho ne vous imaginez pas que tout fut facile entre nous, au départ nous avons eu beaucoup de mal à nous entendre l’un avec l’autre, bataillant pour quelques fruits ou quelques proies. Il a fallu du temps pour faire taire nos caractères et apprendre finalement à nous entendre et trouver un terrain d’entente. Lui qui m’appelait Katnip sur une simple mésentente…

Citation :
"En réalité je m'appelle Katniss le nom indien du Sagittaire, seulement, à notre première rencontre, je l'ai dit trop bas. Il a cru entendre Catnip herbe aux chats. Et puis, un cinglé de lynx s'est mis à me suivre dans la forêt pour récupérer les restes, et le surnom est devenu officiel."

(Extrait du Tome 1 de la Saga Hunger Games de Suzanne Collins).

... allait devenir mon compagnon de tous les instants, mon professeur, mon meilleur ami et la personne en qui j'avais le plus confiance. Ho à l'époque rien d'amoureux ne transparaissait entre nous. Me marier, avoir quelqu'un dans ma vie, ou même que Gale n'en fasse pas parti n'était même pas au programme. Seule la survie, vivre au jour le jour la même routine avait de l'importance pour moi. Alors la libido, l'amour, la confiance, l'amitié même, rien de tout cela ne comptait vraiment. Tout mon être était tourné vers la survie.

Cette vie-là je l'ai menée durant 4 ans, me spécialisant dans le tir à l'arc, j'étais devenue une braconneuse hors pair. Enfin si, en paire avec Gale mais vous voyez ce que je veux dire ?! Et puis, vint l'année de mes 16 ans, des 18 de Gale et là,tout a changé. Si jusqu'ici nous avions craint les moissons, cette année voyait offrir à Gale pas moins de 42 tickets pour l'arène. 23 pour moi et ce n'est pas rien. Nourrir nos familles nous coûtait chaque année un peu plus, mais pour rien au monde nous n'aurions reculé pour le faire...

Aujourd’hui je me dis que si j’avais suivi l’idée de Gale, de fuir avec nos familles, tout aurait été différent. Souvent je me demande comment serait Panem si nous l’avions fait. Nous aurait-on rattrapés ? Aurait-on trouvé le district 13 ? Tout aurait quand même commencé ? La rébellion je veux dire ? Parce qu’il n’y aurait pas eu de broche et donc pas de Geai Moqueur. Je n’aurais été qu’une fuyarde de plus alors. Mais si je l’avais fait, qui aurait pris ma place auprès de Peeta, serait-il encore en vie aujourd’hui ? Qui aurais-je envoyé à la mort cette fois ? Et généralement c’est à ce moment-là que je me dis que c’est égoïste, que mon malheur ne devrait pas avoir d’importance, parce que tout ce qu’on a fait, toutes ses morts, toutes ses guerres ont finalement amené au Panem ivre de liberté que l’on souhaitait. Et puis je suis bien placée pour le savoir, il n’est plus temps de regarder en arrière. A chaque jour ses difficultés. Rien ne sert de ressasser. Mais c’est souvent plus facile à dire qu’à mettre en pratique…

Enfin bref, cette année-là j’allais être sélectionnée pour l’arène. Ou plutôt, Prim allait être tirée au sort. Un ticket, un seul fichu petit bout de papier pour sa première moisson et c’est son nom qui est sorti. Prim est… était plus que ma sœur, elle était ma raison de vivre, de me battre, de me lever le matin. C’était elle, ce petit canard dont la chemise ne cessait de se rebeller ce jour-là… Je ne pouvais pas la laisser partir, je ne pouvais la laisser courir à une mort certaine, pas après tout ce que j’avais sacrifié pour elle, pas après tous les efforts que j’avais fait pour la sauver. Elle ne pouvait pas mourir, elle était seulement à l’aube de sa vie… Alors je me souviens m’être entendue me porter volontaire à sa place. Les mots franchissant mes lèvres avant même que je n’ai eu vraiment le temps de réfléchir à ce que j’étais en train de faire.

Le reste de la journée est passé à une vitesse impressionnante, j'avais l'impression d'avoir un million de choses à faire et seulement quelques secondes pour les mettre en pratique. Il fallait que je m'assure que Gale prendrait soin de ma famille comme on se l'était promis des années plus tôt, que ma mère respecte ses responsabilités cette fois, que je me prépare au sort qui m'attendait... Mais Gale et Prim ne m'ont laissé aucun répit, il fallait que je gagne. Ils l'exigeaient, ils m'en croyaient capable et j'ai fini par promettre à Prim de faire de mon mieux pour elle. J'avais si peur alors, j'étais complètement terrorisée. Et encore, je n'imaginais qu'à grand-peine ce qui m'attendait...

Peeta était mon adversaire, je refusais de lui parler, même si j'étais consciente de ce que je lui devais. Je savais qu'à un moment où un autre, l'un ou l'autre de nous deux devrait mourir pour que l'autre ait une chance de vivre. Alors j'ai fait ce que je sais faire le mieux, j'ai pris mes distances. Seulement Peeta est coriace et plus que quiconque c'est avant tout quelqu'un de foncièrement bon. Il ne m'a pas vraiment laissé de chance pour le haïr, ou même le laisser en retrait. Pas plus qu'il n'a laissé de chance à Haymitch de nous fausser compagnie... Alors j'ai fini par me rapprocher petit à petit. Avec l'aide de Cynna, j'ai appris à me confier, à faire confiance, à m'ouvrir au monde. Et puis... et puis Peeta a lâché sa bombe... J'ignore si c'est Caesar qui lui fait cet effet-là ou bien si c'est le plateau de télé, mais après cette première rencontre, Peeta n'allait cesser de me surprendre de la plus... publique des façons... Il allait révéler, ce jour-là à Panem qu'il était amoureux de moi !

Autant dire que je n’ai pas apprécié d’être utilisée sans mon consentement. Que je ne croyais pas une seconde à ses belles paroles. J’avais tort, je le sais aujourd’hui mais n’empêche… Comment avait-il osé ? Et puis il y a eu l’entraînement, les juges à qui j’ai fait une impression renversante pour Plutarch, détonante pour les autres. Je ne le regrette pas toutefois, tiré dans la pomme de ce cochon reste encore la chose à faire, aujourd’hui, selon moi.

Et puis nous sommes entrés dans l’arène et là les choses se sont compliquées. Je n’ai pas envie d’entrer dans les détails de tout ce qu’il s’est passé. Je ne crois pas qu’aucun champion ait envie de s’y attarder à nouveau. C’est un peu comme rouvrir une plaie qui ne parvient pas à cicatriser. Aussi et dans les grandes lignes je dirais donc que : j’ai cru durant un bon moment que Peeta m’avait trahi, que j’ai fait ce qu’il fallait pour tenir la promesse que j’avais faite à Prim, que la mort de Rue et le premier sang versé de mes mains ont été les plus douloureux, que l’agonie de Cato résonne encore sur mes nuits. Que j’ai accepté le jeu que nous prêtais Peeta qu’une fois qu’il m’eut à nouveau sauvé, qu’une fois que les juges nous eurent annoncé que deux tributs d’un même district pouvaient gagner. Je crois que c’est à ce moment-là que tout à changer pour moi et que les paroles de Peeta ont vraiment pris un sens pour moi :

Citation :
"Je voudrais trouver un moyen de leur montrer que je ne leur appartiens pas et si je dois mourir je veux rester tel que je suis."

(Extrait du tome 1 de la saga Hunger Games de Suzanne Collins).

Je crois que j’ai en quelque sorte vu une seconde fois le jour dans cette grotte, alors que Peeta se rapprochait de moi plus que quiconque ne l’avait fait depuis la mort de mon père, alors que blotti dans ses bras je l’entendais me raconter la vérité sur une fable que je pensais inventée de toute pièce. Alors que je prenais conscience que je ne voulais pas le laisser mourir… C’est à ce moment-là que le Capitole est vraiment devenu mon ennemi. Entre deux baisers et deux soins. Entre l’espoir et la peur de l’avenir… Alors j’ai fait ce qu’il fallait pour le garder. Je me suis battue contre lui, contre moi-même, lorsqu’il le fallait. Et le moment venu, j’ai fait ce qu’il fallait pour le sauver. Parce que revenir au pays sans lui n’aurait eu aucun sens à ce moment-là. Je ne sais toujours pas ce que j’éprouvais pour Peeta à ce moment de l’histoire, ce que je sais, c’est que je refusais de le tuer. Et c’est là que l’idée des baies a pris tout son sens, mais également une symbolique qui allait me dépasser… Dépassé même les frontières du Capitole et des districts… Soulevant par la même occasion les populations, réveillant les âmes rebelles endormies. J’allais proposer à Peeta un suicide collectif…

Citation :
"Quelles que soient les raisons de cette attente, je ne supporte pas de le voir continuer à saigner. Je pars cherchai un autre bâton, mais je tombe presque immédiatement sur la flèche qui avait ricoché sur l'armure de Cato. Elle fera aussi bien l'affaire que l'autre. Je me penche pour la ramasser quand la voix de Claudius Templesmith résonne à travers l'arène :

— Félicitations à nos deux finalistes de cette soixante-quatorzième édition des Hunger Games ! La révision antérieure vient d'être annulée. Un examen plus approfondi du règlement a fait apparaître qu'il ne pouvait y avoir qu'un seul vainqueur, annonce-t-il. Bonne chance, et puisse le sort vous être favorable !

On entend encore un petit grésillement parasite, et puis plus rien. Je dévisage Peeta avec incrédulité pendant que la vérité s'impose à moi. Les Juges n'ont jamais eu l'intention de nous laisser vivre tous les deux. Ce mensonge était uniquement destiné à mettre sur pied le plus spectaculaire combat final de l'histoire des Jeux. Et j'ai marché, comme une idiote.
— Ce n'est pas si étonnant, quand on y réfléchit, dit Peeta d'une voix douce.

Je le regarde se lever péniblement. Il s'avance vers moi, comme au ralenti, sort le couteau glissé dans sa ceinture... Avant même de réaliser ce que je fais, j'encoche ma flèche et je vise son cœur. Peeta hausse les sourcils. Le couteau a déjà quitté sa main et vole vers le lac, où il s'enfonce. Je laisse tomber mes armes et recule d'un pas, le visage brûlant de honte.

— Non, dit-il. Fais-le.
Il s'approche en boitillant et me fourre l'arc et la flèche dans les mains.
— Pas question. Ne compte pas sur moi.
— Fais-le, répète-t-il. Avant qu'ils renvoient leurs chiens ou je ne sais quoi. Je ne veux pas finir comme Cato.
— Alors tue-moi,-toi ! Je m'écrie, furieuse, en repoussant les armes dans ses mains. Tue-moi, rentre chez nous et vis avec ça !
Et en disant cela je sais que mourir ici, en cet instant ne serait finalement pas le plus difficile.
— Tu sais bien que j'en serais incapable, dit Peeta en lâchant les armes. Très bien, j'y passerai le premier, toute façon. Il se penche pour arracher son bandage, supprimant dernier obstacle entre son sang et le sol.
— Non, ne meurs pas ! Dis-je.
Je suis à genoux, plaquant désespérément le bandage sur sa plaie.
— Katniss, c'est ma décision.
— Pas question que tu m'abandonnes ici toute seule.

Parce que, s'il meurt, je ne pourrai jamais retourner chez moi, pas complètement. Je passerai le restant de mes jours! Dans cette arène, à chercher la sortie.

— Écoute, dit-il en me relevant. Nous savons tous les deux qu'il leur faut un vainqueur. Ça ne peut être que l'un de nous deux. Je t'en prie, accepte. Pour moi.

Et il continue en m'expliquant qu'il m'aime, que la vie sans moi lui serait insupportable, mais je ne l'écoute plus car ses paroles précédentes repassent en boucle dans ma tête. « Nous savons tous les deux qu'il leur faut un vainqueur. » Oui, il leur faut un vainqueur. Sans quoi, cette mise en scène savante serait un échec. Les Juges perdraient tout crédit auprès du Capitole. Peut-être même seraient-ils exécutés, d'une façon lente et douloureuse, retransmise en direct sur tous les écrans du pays. Si Peeta et moi étions sur le point de mourir ensemble ou, du moins, s'ils le croyaient...

Je détache maladroitement la bourse passée dans ma ceinture. En me voyant faire, Peeta pose la main sur mon poignet.

— Non, pas question.
— Fais-moi confiance, je lui murmure. (II me dévisage longuement et me lâche. J'ouvre la bourse et je verse une poignée de sureau mortel dans sa paume. Puis dans la mienne.) À trois ?
Peeta se penche et m'embrasse, de manière très tendre.
— À trois, approuve-t-il.
Nous nous plaçons dos à dos, en nous tenant par la main.
— Montre tes baies. Que tout le monde les voie, dis-je. J'écarte les doigts, et les baies sombres luisent au soleil.

Je presse une dernière fois la main de Peeta, comme un signal, comme un adieu, et nous commençons à compter.
Un.
Je me trompe peut-être.
Deux.
Peut-être se moquent-ils que nous y restions tous les deux.
Trois !
Trop tard pour changer d'avis, maintenant. Je porte la main à ma bouche en jetant un dernier regard sur le monde. les baies viennent de franchir mes lèvres quand les trompettes retentissent. La voix affolée de Claudius Templesmith couvre leur vacarme :

— Arrêtez ! Arrêtez ! Mesdames et messieurs, j'ai le privilège de vous présenter les vainqueurs des soixante quatorzièmes Hunger Games : les tributs du district Douze, Katniss Everdeen et Peeta Mellark !

Je recrache aussitôt les baies en m'essuyant la langue avec le bas de mon blouson, pour m'assurer qu'il n'y reste pas une goutte de jus. Peeta m'entraîne vers le lac, où l'on se rince la bouche avant de s'écrouler dans les bras l'un de l'autre.

— Tu n'en as pas avalé ? je m'inquiète. Il fait non de la tête.
— Et toi ?
— J'imagine que je serais déjà morte, sinon.

Je vois ses lèvres formuler une réponse, mais je ne l'entends pas à cause du grondement de la foule du Capitole retransmis en direct par les haut-parleurs."

(Extrait du tome 1 de la saga Hunger Games de Suzanne Collins).

La suite? Et bien nous sommes sortis de l'arène et en quelques secondes j'étais séparée de Peeta. Je me souviens encore d'avoir tambouriné comme une folle sur la porte de plexiglas avant de m'être effondrée. A mon réveille j'étais maintenue allongée sur un lit par une bande cuir m'enserrant à la taille, c'est là que la panique m'a gagnée. Mais imaginez un peu, avoir été prisonnière/er de l'arène des jours durant, avoir vu toutes les personnes qui vous entouraient mourir autour de vous et enfin, quand vous regagnez votre liberté, vous vous retrouvez à nouveau piégé, prisonnière/er de lanière de cuir cette fois... Et tout ce que je réussissais à me demander c'était... où est Peeta, est-il seulement en vie ? J'allais rentrer chez moi, reprendre le cours de ma vie, de notre vie... C'était fini. Pourtant des jours durant on m'a gardé enfermé, le temps de rendre mon corps vierge de toute cicatrice, des plus infimes de mon enfance aux plus marquantes de l'arène.

A mon dernier réveil, la tenue de l'arène m'attendait et à la sortie de la chambre, Effie, Haymitch et Cinna. Je me suis jetée dans leur bras, en leur demandant des nouvelles de Peeta. Le Capitole voulait profiter des retrouvailles des amants maudits du district 12 pour faire sensation, nous ne nous sommes donc retrouvés qu'une fois arrivé devant les caméras...

Seulement contrairement à ce que j'avais imaginé, sortir de l'arène en vie n'allais pas m'apporter la paix et la sérénité. J'avais défié le capitole avec mes baies. Et Snow n'appréciait pas d'être contrecarré. Pour ma famille, pour Haymitch, pour Peeta, Gale et tous les autres, mon geste « de rébellion » devrait passer pour un acte d'amour. Il fallait apaiser les coeurs et les âmes que j'avais réveillées. Pour cela il fallait que je prouve au monde entier mon amour pour Peeta. Peu importait ce que je ressentais, ce que lui ressentait. Nous étions destinés à nous aimer ou à voir mourir ceux que l'on aimait. Alors je l'ai fait... J'ai joué le jeu que l'on me prêtait, au risque de blesser celui qui était au fil des jours, devenu si important pour moi. Peeta.

LA RÉBELLION:

Parle-nous un peu de la Rébellion, où étais-tu à ce moment-là? Faisais-tu parti(e) de la résistance? Essayais-tu seulement de survivre comme tu le pouvais? Que t'invoques le Geai Moqueur ? Le Capitole? La présidente Coin? Le District 13 en général? La nouvelle politique de Paylor? Ancien Tribut, comment as-tu survécu à la Purge?


Vous parlez de la rébellion ? Je suis la rébellion ! Bien malgré moi je peux vous l’assurer. Au moment où j’ai risqué le coup des dès, j’étais très loin de l’idée de déclencher quoique ce soit. Bien sûr je voulais que les choses changent. Bien sûr j’haïssais plus que jamais le Capitole. Mais tout ce que je voulais à ce moment-là, c’était sauver nos vies au garçon aux pains et à moi. Le Capitole avait besoin de nous je le savais et c’est sur ça que j’avais parié. Sur la nécessité, après toutes ces atrocités, d’avoir un gagnant. Mais j’étais tellement loin d’imaginer à ce moment-là ! Tellement loin d’imaginer ce que les jeux s’apprêtaient à faire de moi ! De nous tous ! Alors est-ce que je ferais un choix différent aujourd’hui, en sachant ce que je sais ? Est-ce que je laisserais Peeta se sacrifier pour moi ? Je n’en sais rien, peut-être, je ne sais pas. En un sens, tout est bien qui finit bien. Pour Panem je veux dire. Libéré des jeux, de ses frontières, de nos barbelés, notre Panem a une chance d’exister, d’évoluer, de se rencontrer et de se comprendre. Je crois que je n’ai tout simplement pas le droit de penser à cette question. Je n’ai pas le droit de me montrer égoïste. J’ai tout perdu dans cette rébellion quand les autres y ont tous gagné. N’était-ce pas le but de ce combat ? N’était-ce pas les conséquences rêvées ? Snow est mort, Coin et sa volonté de reprendre les jeux, en même temps que lui, de ma flèche. J’ai brisé une dernière fois mon âme pour elle… Mais c’est là où vous voulez en venir n’est-ce pas ? A tout ce qu’il a bien pu se passer pour m’amener à ce moment précis ? Et bien prenez des notes pour les générations futures, soyez précis dans vos écrits parce qu’il serait tant que le monde apprenne de nos erreurs…

Comme je vous l’ai dit j’ai accepté de jouer le jeu que le président Snow attendait de moi. Celui de la jeune femme follement amoureuse qui n’a pensé qu’à sauver l’être aimé et non pas à la rébellion. A ce moment-là, je n’avais pas le choix, ma mère, ma sœur, Gale, Peeta, Haymitch… toutes les personnes qui comptaient pour moi, ou qui avaient compté à un moment où à un autre dépendaient de la prestation que j’allais faire devant les caméras. Honnêtement, et même si je refusais cette idée sur le moment, j’étais consciente du mal que je m’apprêtais à faire à Peeta. Je ne savais pas alors ce que j’éprouvais pour lui. Je ne savais plus quoi penser, ni dire. Seule cette épée de Damoclès que représentait le Capitole accaparait véritablement toute mon attention. Alors je l’ai fait, en imaginant une main invisible prête à s’abattre sur les êtres que j’aimais, je l’ai fait, j’ai trahi Peeta, je l’ai laissé espérer, je lui ai juré amour et protection. J’ai profité de ses bras tendres et protecteurs qui m’avaient accueilli dans la grotte. J’ai profité de son épaule pour cacher ma honte et ma peine quand j’ai découvert ce que j’avais fait… Pour sa jambe. J’ai frissonné de honte contre son épaule en songeant à ce que j’avais déjà fait et ce que j’étais en train de lui faire. J’ai frissonné de peur pour lui, pour moi, pour eux… Mais je n’ai pas reculé. Pour moi, dans ma tête, tout se jouait à cet instant. Et pourtant j’étais bien loin de m’imaginer ce qui m’attendait… Ce qui nous attendait…

Persuadée que tout était terminé, qu’il ne nous restait plus qu’à retourner chez nous, j’ai fini par parler de tout ce qu’il se passait à Peeta. Enfin non, ça ne s’est pas vraiment passé comme ça, disons que la vérité a surgie et nécessité explications. Mais Peeta reste Peeta, aujourd’hui seulement je suis en mesure d’imaginer combien j’ai pu le blesser, malgré moi, malgré mes bonnes intentions. C’est dans des moments comme ceux-là que je me rends compte que je ne le mérite pas. Parce qu’il ne m’a pas accablé, il n’a pas même hurlé, il m’a simplement demandé de le prévenir quand j’aurais compris où j’en étais et il est parti.

Je ne vous dis pas tout ça pour rien vous savez ?! Je veux que Peeta reste dans les mémoires. Au-delà du Geai Moqueur, au-delà d’un tribut. Peeta est le symbole de notre humanité, de ce que nous devrions tous aspirer à être. Nous devrions tous avoir à apprendre de lui, de sa douce attention, de son altruisme. Peeta était, est le Geai Moqueur bien plus que je ne saurai jamais le représenter. Bien des fois je me suis dit qu’ils auraient dû me laisser moi dans l’arène et le sauver lui. Peeta sait comme nul autre exprimer les choses en général, il aurait été tellement plus utile que moi dans la rébellion. Tellement plus représentatif de notre combat. Tellement plus intense devant les caméras…

Enfin, avant d’en arriver à là, revenons-en à ma seconde entrée dans l’arène. A ce qu’il s’est passé pour nous amener à ce tout nouveau « coup du sort ». Après l’arène a eu lieu un tour des vainqueurs, un tour qui permet à tous les habitants de Panem de mettre un visage sur ceux responsables de la mort de leurs enfants. Ho bien sûr ce n’est pas ainsi que l’on nous présente les choses. Ce tour des districts est censé être un grand moment pour le vainqueur, les vainqueurs en l’occurrence. Le moment de se rendre accessible auprès du public qui nous a soutenus ou pas. Mais ce fut sans nul doute l’un des moments les plus difficiles de ma vie. Un moment où encore une fois j’allais faire un pas de trop en direction de ses âmes éprises de liberté. Dans le district 11, dans le district de la petite Rue, l’un des plus pauvres de Panem, parmi des gens qui sans même avoir de quoi se nourrir au quotidien m’avait fourni une miche de pain. J’allais réveiller les cœurs et espoirs en quelques mots, en quelques gestes, par un merci, par un geste d’espoir et de gratitude… J’allais faire basculer la vie de nombre de gens ce jour-là, en écourter certaines, et signer notre retour à Peeta et à moi dans l’arène.

Il m’aura fallu la visite de Snow en personne pour comprendre ce que j’avais fait, pour comprendre que tout ne faisait finalement que commencer. Des semaines durant je n’avais pas adressée la parole à Peeta, tentant de reprendre la vie que j’avais menée jusque-là, dans les bois, à chasser avec Gale quand il ne travaillait pas à la mine. Mais tout était différent. Quelque chose s’était cassé entre Gale et moi, ou ouvert je ne sais toujours pas. Nous avons même échangé un baiser. Un baiser qui m’a rendu plus confuse encore. Plus perdue que jamais. Et puis il a fallu que je me trouve un talent, parce que tous les vainqueurs sont talentueux vous savez ? Seulement la chasse n’était pas un talent qui pouvait facilement se présenter devant la population surtout en sachant que je braconnais, et que le braconnage, selon les districts, était puni de coup de fouet, ou de mort selon les pacificateurs qui nous observaient.

D’ailleurs, Gale en a subi les frais, nous nous étions plus ou moins disputés et il m’avait laissé en plan dans la forêt. Seulement quand je suis arrivée en ville, avec Haymitch et Peeta, une foule s’était rassemblée sur la place centrale. Je me souviens encore de la voix de Peeta me suppliant de le laisser régler la situation. Je me souviens des gens sur mon chemin que j’ai écarté vivement. Je me souviens de la peur que je ressentais à ce moment-là. Je me souviens d’avoir senti mon cœur manquer quelques battements. Je ne me souviens pas de m’être jetée sur le cœur de Gale par contre. Je ne souviens à peine du coup de fouet que j’ai pris à sa place et qui a longtemps barré ma joue. Je me souviens seulement du sang, de cette respiration haletante. D’avoir vu Peeta et Haymitch réagir, parler dans un dialecte que je ne comprenais pas. Trop bouleversée, trop inquiète que j’étais. Gale ne pouvait pas mourir. Je lui refusais le droit de me faire ça ! J’ai même haïs ma mère quand elle a déclenché ses plaintes, en le soignant. Ce jour-là je me suis rendu compte combien Gale comptait pour moi, j’ai pressé mes lèvres contre les siennes, brulantes et souffreteuses. Je me suis endormie, la tête sur la table qui avait permis de le soigner. Inconsciente de l’image que je donnais, de l’inconfort, de Peeta même qui nous observait. Je ne pouvais tout simplement pas le laisser. A cet instant précis, là, sur la table de cuisine de notre maison dans le quartier des champions. Gale était tout ce qui m’importait.

Mais contrairement aux apparences, je ne savais toujours pas où j’en étais. Gale, Peeta… Je n’ai jamais vraiment eu le temps de faire ce choix. L’épée de Damoclès s’abaissait lentement au-dessus de ma tête. Je n’avais pas le droit de faire un choix, pas en sachant ce que je devrais faire pour nous garder tous en vie. Que je mente ou pas devant les caméras n’avait pas d’importance à ce moment-là. Gale ou Peeta. Peeta ou Gale. Nous devions jouer le jeu, nous devions être amoureux. Je n’imaginais seulement pas à quel point avant qu’Haymitch ne m’aide à voir un peu plus clair dans les intentions du Président Snow. Avant qu’il ne me pousse à épouser Peeta.

C’est moi qui la première, en route pour le Capitole ait parlé de cette idée à Peeta. Je lui ai présenté les choses telles que je les concevais à ce moment-là. Comme une nécessité de prouver au peuple de Panem que nous n’avions pas d’autre idée que nous sauver l’un l’autre en prenant ces baies. Mais sa réaction m’a déconcertée. Je lui offrais sur un plateau ce qu’il espérait. Je m’offrais à lui puisque c’était ce que Snow voulait. Et pourtant il a pris la nouvelle avec résolution. J’avais encore une fois merdé sans comprendre en quoi avant qu’Haymitch ne m’éclaire sur le sujet…

Et là tout c’est enchaîné, Peeta a fait sa demande sur le plateau de Caesar. Demande que j’aie évidemment accepté. Cynna s’est mis à me dessiner des robes pour que Panem dans son intégralité puisse participer à nos noces en choisissant la tenue que je devrais porter. Les jours, les semaines et les mois sont alors passés jusqu’à ce que le jour sur la révélation de l’expiation n’arrive. Jusqu’à ce que des photos de moi dans les 25 robes de mariée de Cynna n’apparaissent sur tous les écrans de télévision de Panem. Avant que le président Snow ne monte sur scène et ne laisse tomber le couperet qui nous menaçait. Les prochains jeux seraient entièrement composés d’anciens tributs. Je me rappelle chacun de ses mots :

Citation :
— Aujourd'hui, nous nous préparons à tenir notre troisième édition d'Expiation, déclare le président. Le petit garçon en costume blanc s'avance et lui présente le coffret. Snow soulève le couvercle, découvrant une rangée d'enveloppes jaunies. Ceux qui ont inventé ce système d'Expiations ont prévu plusieurs siècles de Hunger Games. Le président prélève une enveloppe frappée du chiffre 75, passe le pouce sous le rabat et en sort un petit carton imprimé. Sans la moindre hésitation, il lit à voix haute :

— Au soixante-quinzième anniversaire, afin de rappeler aux rebelles que même les plus forts d'entre eux ne sauraient l'emporter sur le Capitole, les tributs mâles et femelles de chaque district seront moissonnés parmi les vainqueurs survivants. Ma mère pousse un petit cri. Prim s'enfouit le visage entre les mains. À l'instar du public à l'écran, je suis plutôt décontenancée. Comment ça, les vainqueurs survivants ?

Et puis, je comprends ce que ça veut dire. Pour moi, en tout cas. Il n'y a que trois vainqueurs encore en vie dans le district Douze. Deux hommes. Une seule femme… On me renvoie dans l'arène.

Mon corps réagit de lui-même et je me rue dehors, dans la nuit, sur les pelouses du Village des vainqueurs. Malgré le sol détrempé qui mouille mes chaussettes, malgré le vent cinglant, je fonce droit devant moi. Où ? Où aller ? Dans la forêt, bien sûr. Alors que j'atteins le grillage, son bourdonnement me rappelle à quel point je suis prise au piège. Je recule, hors d'haleine, tourne les talons et repars dans l'autre sens. Quand je reprends mes esprits, je me trouve à quatre pattes dans la cave de l'une des maisons vides du Village des vainqueurs. Des rayons de lune tombent en rais par le soupirail. J'ai froid, je suis trempée, épuisée, mais ma course folle n'a en rien apaisé l'hystérie que je sens monter en moi. Elle risque de me submerger si je ne la libère pas. Je froisse un pan de ma chemise, me le fourre dans la bouche et commence à hurler. Combien de temps, je ne saurais le dire. Mais quand je m'arrête, je n'ai pratiquement plus de voix. Je me recroqueville sur le flanc, perdue dans la contemplation des rayons de lune sur le sol en béton. Dans l'arène. Dans ce lieu de cauchemar. C'est là qu'on me renvoie. Je dois reconnaître que je n'ai rien vu venir. Je m'attendais à toutes sortes d'ennuis. Je craignais d'être humiliée en public, torturée, exécutée. De devoir me cacher dans les terres sauvages, poursuivie par les Pacificateurs et leurs hovercrafts. D'épouser Peeta et de voir nos enfants partir pour l'arène. Mais je n'avais jamais imaginé devoir prendre part aux Jeux une nouvelle fois. Pourquoi ? Parce que c'est sans précédent. Les gagnants échappent définitivement à la Moisson. Il en a toujours été ainsi. Jusqu'à présent. Il y a une sorte de bâche, comme on en étale pour faire de la peinture. Je la ramène sur moi à la manière d'une couverture. Au loin, des voix m'appellent. Mais, pour l'instant, je ne veux même pas penser à ceux que j'aime le plus au monde. Je ne songe qu'à moi. Et à ce qui m'attend. La bâche est raide mais retient la chaleur. Mes muscles se détendent, mon pouls ralentit. Je revois le coffret dans les mains du petit garçon, le président Snow qui en tire l’enveloppe jaunie. Est-ce possible que cette édition d'Expiation ait bel et bien été imaginée soixante-quinze ans plus tôt ? Ça paraît peu probable. C'est une réponse trop commode à tous les problèmes actuels du Capitole. Qui permet de se débarrasser de moi et de mater les districts sans coup férir. J’entends encore le discours du président Snow. «Au soixante-quinzième anniversaire, afin de rappeler aux rebelles que même les plus forts d'entre eux ne sauraient l'emporter sur le Capitole, les tributs mâles et femelles de chaque district seront moissonnés parmi les vainqueurs survivants. »

Oui, les gagnants sont les plus forts d'entre nous. Ceux qui ont survécu à l'arène, échappé au collet de la pauvreté qui étrangle le reste de la population. Ils sont, ou plutôt nous sommes, l'incarnation de l'espoir dans un monde sans espoir. Et voilà que vingt-trois d'entre nous vont mourir afin de montrer que cet espoir n'était qu'une illusion.

(Extrait du Tome 2 de la sage Hunger Games de Suzanne Collins).

J’avais je ne sais pas ce qu’il m’est passé par la tête. Je sais seulement qu’il fallait que je fuis, que je m’isole et qu’au moment même où je le faisais Peeta lui s’assurait de ma survit en passant un accord avec Haymitch. Minable ! J’étais minable et égoïste. Encore une fois, Peeta avait pensé à moi avant de penser à lui. Les mois qui ont suivi nous ont vus transformer en tribut de carrière. Nous nous sommes entraîné jour après jour, avons mangé plus que jamais nous ne l’avions fait pour nous préparer à ce qui nous attendait… et le jour de la moisson nous étions prêts à faire face à ce qui nous attendait, du moins, on le pensait. Peeta c’est porté volontaire à la place d’Haymitch, rien qui n’ait été envisagé au préalable. Mais cette fois-ci, on ne nous donna pas la possibilité de dire au revoir à nos familles. On nous embarqua dans le train rapidement, presque loin des caméras. Je n’avais pas même eu l’occasion de dire adieu à Prim ou à Gale. Et c’est une nouvelle fois dans les bras de Peeta que j’allais m’effondrer. Je sais ce que vous pensez. Que j’acceptais ce qu’il avait à m’offrir que quand les circonstances se montraient… désespérées. Et en un sens vous n’avez pas tort, seulement vous ne pouvez même imaginer ce que j’ai traversé. Vous ne pouvez imaginer ce que je vis encore aujourd’hui. J’ai fui Peeta autant que je l’ai pu, jusqu’à cette nuit où il m’a pris dans ses bras et où les cauchemars ne vinrent pas. Jusqu’à ce que je retrouve la paix qu’il m’avait déjà procuré durant les premiers jeux. Jusqu’à ce que je me souvienne pourquoi je l’avais supplié de rester auprès de moi quelques mois plus tôt, alors que blessée, les médications de ma mère me faisaient somnoler. Au-delà des caméras j’avais besoin de Peeta et il avait besoin de moi d’une manière que je ne comprends toujours pas…

Et puis le jeu a repris. Les nouveaux ou anciens tributs, tout dépend votre vision des choses, les chars, l’entrainement, les alliances, les secrets et surtout, l’interview. Je suppose que vous vous en souvenez. J’ignore s’il est possible d’oublier ce qu’il s’est passé.

*Lentement et sans même m’en rendre compte je me perds dans mes souvenirs…*

Citation :
Nous retrouvons Effie, Haymitch, Portia et Peeta devant l'ascenseur. Peeta porte un smoking et des gants blancs. Le genre de tenue qu'on revêt pour son mariage, au Capitole.
Chez nous, les choses se font plus simplement. La future mariée se contente le plus souvent de louer une robe blanche déjà portée des centaines de fois. L'homme enfile des habits propres qui ne soient pas sa tenue de mineur. Les deux remplissent un formulaire à l'hôtel de justice et se voient attribuer une maison. Leurs familles et leurs amis se réunissent, autour d'un repas ou d'un gâteau pour ceux qui en ont les moyens. Puis on entonne un chant traditionnel pendant que le couple franchit le seuil de son nouveau loyer. S'ensuit une petite cérémonie au cours de laquelle les époux allument leur premier feu, font griller un morceau de pain et se le partagent. Ça peut paraître vieux jeu, mais au district Douze on n'est pas vraiment mariés avant d'avoir partagé le pain grillé. Les autres tributs sont déjà réunis en coulisses et bavardent entre eux, mais en nous voyant arriver Peeta et moi ils se taisent brusquement. Je réalise qu'ils jettent tous des regards venimeux sur ma robe de mariée. Serait-ce de la jalousie ? À cause de la sympathie qu'elle pourrait me valoir auprès du public ?
Finnick brise le silence pour dire :
—Je n'arrive pas à croire que Cinna ait pu te faire ça.
—Il n'a pas eu le choix. C'est le président Snow qui l'a obligé, dis-je, sur la défensive.
Je ne laisserai personne dire du mal de Cinna. Cashmere rejette ses boucles blondes en arrière et crache :
— En tout cas, tu as l'air ridicule ! Elle prend son frère par la main et l'entraîne à la tête de notre procession. Les autres tributs commencent à leur tour à s'aligner par ordre d'entrée. Je ne sais comment réagir, car ils ont l'air en colère, mais certains me donnent une petite tape amicale sur l'épaule. Johanna Mason s'arrête même pour rectifier la position de mon collier de perles.
— Fais-lui payer ça, d'accord ? Me dit-elle.
Je fais oui de la tête, même si je ne sais pas de qui elle parle. Les choses s'éclaircissent un peu quand nous sommes assis sur scène et que Caesar Flickerman, les cheveux et le visage rehaussés de reflets lavande, fait son discours d'introduction puis démarre les premières interviews. Pour la première fois, je réalise à quel point les gagnants se sentent trahis et aigris. Mais ils se montrent habiles, remarquablement habiles dans leurs réponses. Ils mettent tout sur le dos du gouvernement en général, et du président Snow en particulier. Pas tous. Il y a aussi les vieux attardés, comme Brutus ou Enobaria, qui sont là juste pour les Jeux, et ceux qui sont trop hébétés, drogués ou simplement perdus pour se joindre à l'offensive. Mais ça laisse suffisamment de gagnants qui ont encore l'intelligence et les tripes pour se battre. Cashmere donne le ton en racontant qu'elle n'arrête pas de pleurer quand elle songe à la douleur de la population du Capitole, qui va nous perdre. Gloss enchaîne en rappelant la gentillesse qu'on leur témoigne ici depuis des années, à sa sœur et à lui. Beetee remet en cause le caractère légal de l'Expiation, à sa manière nerveuse et agitée, en se demandant si des experts se sont penchés sur la question récemment. Finnick récite un poème qu'il a écrit à l'intention de son seul et unique amour au Capitole, et une bonne centaine de femmes tournent de l'œil, convaincues qu'il leur est adressé. Quand vient le tour de Johanna Mason, elle demande carrément s'il ne serait pas opportun de changer la règle. À l'évidence, les créateurs de l'Expiation n'avaient pas envisagé qu'une telle affection puisse naître entre les vainqueurs et le Capitole. Personne ne serait assez cruel pour vouloir trancher des liens aussi forts. Seeder confesse que, dans le district Onze, on tient généralement le président Snow pour tout-puissant. — S'il est vraiment si puissant, pourquoi ne change-t-il pas les modalités de l'Expiation ? Et Chaff, qui passe tout de suite après, affirme que le président pourrait modifier l'Expiation s'il le voulait, mais sans doute doit-il considérer que les gens n'y attachent aucune importance. Lorsqu'on m'appelle enfin, le public est à bout de nerfs. Certains pleurent, d'autres défaillent, quelques cris fusent même pour réclamer un changement. Quand on me voit m'avancer dans ma robe de soie blanche, c'est pratiquement l'émeute. Fini, Katniss Everdeen, fini les amants maudits coulant des jours heureux jusqu'à la fin de leur vie, oublié, le mariage. Même le professionnalisme de Caesar commence à se fissurer quand il réclame un peu de silence. Mes trois minutes sont déjà sérieusement entamées.

Enfin, une accalmie se dessine et il se lance.
— Eh bien, Katniss, c'est assurément une soirée très émouvante pour tout le monde. Y a-t-il quelque chose que tu voudrais dire au public ?
Je réponds d'une voix tremblante :
— Seulement que je suis désolée, que j'aurais bien voulu vous inviter tous à mon mariage... mais, au moins, je suis heureuse d'avoir pu vous montrer ma robe. Avez-vous jamais... rien vu d'aussi beau ? Je n'ai pas besoin du signal de Cinna pour savoir que le moment est venu. Je commence à tournoyer sur moi-même, lentement, en levant les bras au-dessus de ma tête. Aux premiers cris de la foule, je me dis que je dois vraiment être éblouissante. Puis je vois monter quelque chose autour de moi. De la fumée. Des flammes. Pas d'inoffensives flammèches comme l'an dernier sur le chariot, mais de vraies flammes, qui engloutissent ma robe. Je commence à paniquer en voyant la fumée s'épaissir. Des fragments de soie calcinée s'élèvent dans les airs, des perles dégringolent en tintant sur la scène. Je n'ose pas m'arrêter, car je n'éprouve pas de brûlure et je devine la main de Cinna derrière cet effet. Alors je continue de pivoter, encore et encore. Pendant une fraction de seconde, je me retrouve complètement enveloppée par les flammes et je cherche mon souffle. Et puis, subitement, le feu s'éteint. Je m'immobilise, en me demandant si je suis nue, et pourquoi Cinna a réduit en cendres ma robe de mariée.
Mais je ne suis pas nue. Je porte une seconde robe en tout point similaire à ma robe de mariée, sauf qu'elle a la couleur du charbon et se compose de plumes minuscules. Stupéfaite, je lève mes longues manches flottantes dans les airs et c'est alors que je me vois sur l'écran de contrôle. Tout en noir, à l'exception des taches blanches au bout de mes manches. Ou plutôt de mes ailes.
Cinna vient de me transformer en geai moqueur.
Des volutes de fumée virevoltent encore autour de moi. Avec une certaine appréhension, Caesar avance la main vers ma tête. Mon voile blanc s'est évaporé, laissant place à un capuchon de gaze noire qui disparaît dans le col de ma robe.
—Des plumes, souffle-t-il. Tu ressembles à un oiseau.
—Un geai moqueur, je pense, dis-je en secouant légèrement mes ailes. L'oiseau qui figure sur la broche que je portais dans l'arène.
Une lueur éclaire brièvement le visage de Caesar : il comprend soudain que mon geai moqueur n'est pas uniquement un bijou. Qu'il symbolise bien davantage, désormais. Que ce qui passe au Capitole pour un spectaculaire changement de costume sera perçu de manière tout autre dans les districts. Mais il s'efforce de faire bonne figure.
—Ma foi, un grand coup de chapeau à ton styliste. Je crois que personne ne viendra me contredire si j'affirme que c'est la chose la plus incroyable qu'on ait jamais vue lors d'une interview. Cinna, je crois que vous méritez des applaudissements !
Caesar fait signe à Cinna de se lever. Ce dernier s'exécute, et s'incline avec grâce devant le public. Soudain, j'ai peut pour lui. Qu'a-t-il fait ? Quelque chose de terriblement dangereux. Un acte de rébellion. Uniquement pour servir ma cause. Je me rappelle ses propres mots...
« Ne t'inquiète pas. Dans mon travail, je garde toujours le contrôle de mes émotions. Comme ça, j'évite de faire souffrir les autres. »Je crains qu'il ne se soit condamné tout seul à beaucoup souffrir. La symbolique de ma flamboyante métamorphose n'aura pas échappé au président Snow. Le public, d'abord muet de stupeur, applaudit à tout rompre. J'entends à peine le buzzer indiquer la fin de mes trois minutes. Caesar me remercie et je regagne mon siège, dans ma robe qui me semble aérienne à présent. En me croisant, Peeta esquive mon regard. Je me rassois avec prudence, heureuse d'être indemne. Je fixe alors mon attention sur lui. Caesar et Peeta s'entendent comme larrons en foire depuis leur première apparition commune. Leur bagout, leur sens du comique et cette faculté qu'ils ont de basculer naturellement dans le mélodrame - comme l'an dernier avec la déclaration d'amour de Peeta —, leur assurent une immense popularité auprès du public. Ils commencent par échanger quelques plaisanteries où il est question de feu, de plumes et de ne pas trop faire cuire la volaille. Mais on voit bien que Peeta en a gros sur le cœur, si bien que Caesar recentre la discussion sur la question essentielle.
—Dis-moi, Peeta, après tout ce que tu avais enduré, qu'as-tu ressenti à l'annonce de l'Expiation ? Interroge Caesar.
—Un grand choc. La minute d'avant, je regardais défiler les images de Katniss, si incroyablement belle dans ses robes de mariée, et d'un seul coup...
Peeta s'interrompt. tu as réalisé qu'il n'y aurait pas de mariage ? Achève Caesar d'une voix douce.
—Peeta hésite longuement, comme s'il prenait une décision. Il regarde le public suspendu à ses lèvres, baisse les yeux, puis les pose sur Caesar.
—Caesar, croyez-vous que nos amis ici présents soient capables de garder un secret ?
Un rire gêné parcourt le public. Que veut-il dire ? Garder un secret pour qui ? Le pays entier suit leur conversation.
— Oh, j'en suis convaincu, lui assure Caesar.
— Nous sommes déjà mariés, confesse doucement Peeta.

L'assistance est frappée de stupeur, et je dois m'enfouir le visage dans les plis de ma jupe pour dissimuler ma confusion. À quoi est-il en train de jouer ?
— Mais... comment est-ce possible ? veut savoir Caesar.

—Oh, ce n'était pas un mariage officiel. Nous ne sommes pas passés à l'hôtel de justice ni rien de ce genre. Mais nous avons une coutume, dans le district Douze. J'ignore comment ça se passe dans les autres districts. En tout cas, voilà comment nous procédons.
Et Peeta entreprend de décrire le rituel du pain grillé.
— Et vos deux familles étaient présentes ? s'étonne Caesar.
— Non, nous n'avons prévenu personne. Même pas Haymitch. La mère de Katniss n'aurait pas approuvé. Seulement, vous comprenez, si nous nous étions mariés au Capitole, il n'y aurait pas eu de cérémonie du pain grillé. Et puis, aucun de nous deux ne voulait attendre. Alors, un jour, nous avons sauté le pas, explique Peeta. Et pour nous, nous sommes aussi mariés que si nous avions signé un papier ou donné une grande fête.
— Si je comprends bien, c'était avant l'annonce d'Expiation ?
—Oui ! Je suis certain que nous n'aurions rien fait si nous avions su, dit Peeta, dont la voix commence à trembler. Mais qui s'attendait à cela ? Personne. Nous avions survécu aux Jeux, nous étions vainqueurs, tout le monde semblait enchanté de nous voir ensemble, et puis, brusquement... Je veux dire, comment pouvions-nous prévoir une chose pareille ?
— Vous ne pouviez pas, Peeta. (Caesar le prend par les épaules.) Comme tu l'as dit, personne ne pouvait s'y attendre. Je suis heureux de savoir que vous avez connu au moins quelques mois de bonheur ensemble. Salve d'applaudissements. Comme encouragée, je sors la tête de mes plumes et laisse voir au public un petit sourire tragique. Le reste de fumée qui se dégage encore de ma robe me pique les yeux, ce qui ajoute une touche de réalisme à la scène.
— Pas moi, reconnaît Peeta. Je regrette que nous n'ayons pas attendu la cérémonie officielle.
Même Caesar paraît décontenancé.
— Allons, mieux vaut une courte période de bonheur que pas de bonheur du tout, non ?
— Je penserais peut-être la même chose que vous, Caesar, admet Peeta d'un ton amer, s'il n'y avait pas le bébé. Et voilà. Il recommence. Il vient de lâcher une bombe qui couronne en beauté les efforts de tous les tributs qui l'ont précédé. Quand elle explose, cette bombe fait voler des accusations d'injustice, de barbarie et de cruauté dans toutes les directions. Même le partisan le plus sanguinaire du Capitole et des Hunger Games ne peut s'empêcher de réaliser, ne serait-ce qu'un instant, à quel point l'affaire est abominable. Je suis enceinte. Le public accuse le coup. Il lui faut le temps d'accepter la nouvelle, de la digérer, de se l'entendre confirmer par d'autres avant de commencer à s'agiter comme un troupeau de bêtes blessées, à gémir, à hurler, à crier au secours. Et moi ? J'ai conscience que mon visage passe en gros plan à l'écran, mais je ne fais aucun effort pour me cacher. Car, pour le moment, je suis moi-même sous le choc de ce que je viens d'entendre. N'est-ce pas précisément ce que je redoutais le plus à propos du mariage, de l'avenir — perdre mes enfants dans les Jeux ? Ça pourrait être vrai, d'ailleurs. Si je n'avais pas passé ma vie à bâtir mes défenses jusqu'à ce que la simple suggestion du mariage ou d'une famille me fasse frémir d'horreur.

Caesar ne parvient plus à tenir la foule à présent, pas même au son du buzzer. Peeta salue de la tête et regagne sa place sans un mot. Je vois remuer les lèvres de Caesar, mais la salle est en délire et je n'entends pas ce qu'il dit. Seul l'hymne, diffusé si fort que je le sens vibrer dans mes os, nous fait savoir que l'émission se termine. Je me lève comme une automate et, dans le mouvement, je sens Peeta chercher ma main. De grosses larmes roulent sur ses joues. Sont-elles sincères ? Est-ce une manière d'admettre qu'il était en proie aux mêmes craintes que moi ? Que tous les vainqueurs le sont ? Comme tous les parents, dans tous les districts de Panem ? Je regarde le public mais ce sont les visages des parents de Rue qui flottent devant mes yeux. Leur chagrin. Leur deuil. Je me tourne spontanément vers Chaff et lui tends la main. Je sens mes doigts se refermer sur son moignon et serrer, fort. Et puis, tout s'enchaîne. Dans les rangs, les vainqueurs se prennent par la main. Certains sans réserve, comme les drogués du Six ou Wiress et Beetee. D'autres de maniai plus hésitante, comme Brutus ou Enobaria, mais ils finissent par céder devant l'insistance de leurs voisins. Quand l'hymne prend fin, les vingt-quatre tributs forment une ligne soudée. C'est peut-être la première manifestation d'unité parmi les districts depuis les jours obscurs. D'autres ont dû s'en rendre compte, car l'image s'efface prestement dans un fondu au noir. Mais il est trop tard. Dans la confusion, le réalisateur est intervenu trop tard. Tout le monde nous a vus. La confusion s'étend sur la scène, également, car les lumières s'éteignent et nous devons regagner le centre d'Entraînement à tâtons. J'ai perdu Chaff. Heureusement, Peeta me guide jusqu'à un ascenseur. Finnick et Johanna essaient de nous rejoindre, mais un Pacificateur hargneux leur barre le passage et nous filons seuls dans les étages.

(Extrait du Tome 2 de la Saga Hunger Games de Suzanne Collins).

Tout est ensuite allé très vite. J’ai passé une dernière nuit dans les bras de Peeta puis je me suis retrouvée, avec Cinna, sous l’arène à trembler comme au premier jour. Cinna m’a rassuré, a réédité la confiance qu’il avait en moi, en sa fille du feu et puis je suis entrée dans le tube. Je n’ai rien pu faire, j’ai tambouriné, j’ai hurlé, mais rien à faire, je pouvais seulement regarder mon ami se faire rouer de coups, mourir lentement sous leurs asseaux et me préparer au combat à venir. Dans une traînée de sang, ils ont fini par le sortir de la pièce et je ne l’ai plus jamais revu depuis…

Quand je suis arrivée dans l’arène, j’ai seulement vu une grande étendue d’eau dans un premier temps. Je ne voyais pas Peeta, rien ne me disais que l’eau sous mes pieds n’étaient pas de l’acide ou assimilé. Et pourtant, que le top départ fut donné, après avoir testé et goûté l’eau, j’ai pris le risque de plonger. J’ai nagé aussi bien que je l’ai pu avec ce que mon père m’avait appris, et quand je suis arrivée près de la corne d’abondance tout s’est précipité. Finnick a tué un carrière, il m’a donné le choix de me lier à lui, de lui faire confiance. Nous nous sommes battus côté à côté, dos à dos même si à cet instant-là je ne lui faisais pas encore confiance. C’est lui qui m’a ramené Peeta, ainsi que Mags. J’étais enceinte aux yeux du Capitole et de Panem, le temps n’était pas venu pour moi de démentir l’information… Alors à contre cœur je l’ai laissé faire. La suite vous la connaissez encore une fois aussi bien que moi non ? On est parti à travers bois, Peeta a failli mourir et moi perdre la raison en l’imaginant me quitter pour de bon, j’ai haï Finnick quand j’ai cru qu’il essayait de le tuer, alors qu’il tentait en fait de le sauver. Et je l’ai détesté encore lorsque Peeta a ouvert les yeux, parce que j’étais à présent consciente de ce qu’il avait fait et de ce que je devrais faire pour rembourser ma dette. Revenir n’était déjà pas au programme pour moi, j’avais décidé de me sacrifier pour Peeta. Je savais que Gale prendrait soin des miens, qui de toute façon ne manquaient plus de rien. Ma disparition aurait tellement simplifié les choses. Snow aurait été content et Peeta méritait et mérite encore une femme et une famille qui saurait l’aimé et l’apprécier comme il le mérite. Tout était prévu, tuer autant que je le pouvais pour le sauver lui. Tout était prévu oui, sauf le fait qu’il allait me falloir, aussi, sauver la vie de Finnick à présent… Je crois que c’est à partir de là que tout a dérapé. Bien avant le nuage d’acide et la mort de Mags, bien avant les hurlements de Prim et de Gale dans les bois… Bien avant qu’à court de flèches je ne sois contrainte d’écouter les hurlements de tous ceux que j’aimais, bien avant que j’apprenne à apprécier ceux qui m’entouraient, que je sois assommée par Johanna, que l’hovercraft ne m’emmène en laissant Peeta derrière moi…

J’ignore si tout ça est aussi confus pour vous que pour moi, mais ce que j’éprouve pour Peeta (enfin l’ancien Peeta) n’a rien à voir avec ce que j’éprouve pour Gale. Tous deux ont une place à part dans mon existence. Une partie de moi appartient à chacun d’eux je crois. L’ancienne Katniss, celle du district 12 et qui n’aspire qu’à retrouver son ancienne existence appartient à Gale, à jamais. La nouvelle Katniss, celle qui a tué plus qu’elle n’est capable de compter, appartient à Peeta. C’est lui qui m’a sauvé. De mille et une manières. Contre moi-même souvent, en dépit de ce que je pouvais faire ou dire. Mais je ne suis jamais sentie complètement libre auprès de Peeta, comme je ne me sens jamais complètement libre auprès de Gale. Aujourd’hui je crois que je peux comprendre ce que Gale voulait dire en parlant de nécessité de survie pour mon choix. Mais n’est-il pas trop tard ? N’ai-je pas trop perdu pour avoir encore envie de me battre ? Enfin, nous y viendront plus tard. Gale, Peeta, Prim, ma mère… ils sont tous partis d’une manière ou d’une autre. Même Haymitch ne sait plus que faire de moi. Alors je ne sais pas, je ne sais plus… Me battre oui, c’est ce que je suis au plus profond de moi, mais pourquoi ? Pour qui aujourd’hui ?

Mais nous y viendrons plus tard je crois : Alors voici les moments qui m’ont le plus marqués de ces seconds jeux :


Dernière édition par Katniss Everdeen le Jeu 7 Juin - 12:49, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Katniss Everdeen   Mar 15 Mai - 8:02

SUITE: Entretien avec le sujet...


Mon association avec Finnick :
Citation :
L'an dernier, les ustensiles se trouvaient dispersés à une certaine distance autour de la Corne d'abondance, les plus précieux étant les plus proches de la conque. Cette année, le butin a été empilé juste devant la gueule de sept mètres de hauteur. Mon regard s'arrête aussitôt sur un arc doré, à portée de main, que j'arrache vivement. Il y a quelqu'un dans mon dos. Je suis alertée par je ne sais quoi, un léger tassement du sable ou peut-être une simple perturbation dans l'air. Je tire une flèche du carquois encore coincé dans la pile et je l'encoche en me retournant. Finnick, ruisselant, magnifique, se tient à quelques mètres, un trident à la main. Un filet oscille dans son autre main. Il sourit, mais les muscles du haut de son corps restent bandés, prêts à l'action.
— Tu nages drôlement bien, s'émerveille-t-il. Où as-tu appris ça, au district Douze ?
— Nous possédons une immense baignoire, dis-je.
— J'imagine. L'arène te plaît ?
— Pas particulièrement. Tu devrais l'apprécier, toi. On dirait qu'elle a été bâtie pour toi.
Je ne peux retenir une pointe d'amertume en disant ça. Car c'est bien l'impression qu'elle donne, toute cette eau, alors que les vainqueurs qui savent nager doivent se compter sur les doigts de la main. Et il n'y avait pas de piscine au centre d'Entraînement, aucune possibilité d'apprendre. Ici, vous avez intérêt à prendre le coup très vite. Même votre participation au bain de sang initial dépend de votre capacité à couvrir vingt mètres dans l'eau. Ça représente un avantage énorme pour le district Quatre. Pendant un moment nous restons figés comme des statues, à nous jauger du regard, à soupeser nos armes, l'habileté de chacun. Puis Finnick me sourit à pleines dents.
— Une chance qu'on soit dans le même camp. Pas vrai ?
Flairant un piège, je suis sur le point de lâcher ma flèche dans l'espoir de l'abattre avant d'être empalée par son trident, quand il tourne légèrement la main. Quelque chose scintille au soleil à son poignet. Un bracelet en or massif, orné de flammes. Haymitch avait le même le premier matin de l'entraînement. Finnick a pu le voler pour me tromper, mais je n'y crois pas. C'est Haymitch qui le lui a donné. Pour m'adresser un signal. Un ordre, en fait : celui de me fier à Finnick. J'entends d'autres pas s'approcher. Je dois me décider tout de suite.
— Exact ! dis-je.
Mon ton est sec, car Haymitch a beau être mon mentor, je ressens de la colère. Pourquoi ne m'a-t-il pas soufflé mot de cet arrangement ? Probablement parce que Peeta et moi lui avions dit que nous ne voulions pas d'alliés. Alors, Haymitch nous en a choisi un tout seul.
— Baisse-toi ! m'ordonne Finnick d'une voix si autoritaire, si différente de son timbre habituel, que je lui obéis d'instinct. Son trident siffle au-dessus de ma tête et trouve sa cible avec un craquement sinistre. L'homme du district Cinq, l'ivrogne qui vomissait sur la piste d'escrime, tombe à genoux pendant que Finnick dégage son trident de sa poitrine.
— Méfie-toi du Un et du Deux, m'avertit Finnick. Je n'ai pas le temps de lui demander pourquoi. Je récupère le carquois.
— Chacun son côté ? dis-je. Il fait oui de la tête, et je contourne la pile. À quatre rayons de distance, Enobaria et Gloss viennent à peine de toucher terre. Soit ils nagent très mal, soit ils redoutaient que l'eau ne recèle d'autres dangers, ce qui est tout à fait possible. Ce n'est pas toujours bon d'envisager trop de scénarios. Maintenant qu'ils sont sur le sable, ils seront là dans quelques secondes.
— Tu trouves quelque chose d'utile ? me crie Finnick.
Une rapide inspection des ustensiles à ma portée fait apparaître des massues, des épées, des arcs et des flèches, des tridents, des couteaux, des épieux, des haches, des objets métalliques dont le nom m'est inconnu... et rien d'autre.
— Des armes ! je réponds sur le même ton. Il n'y a que des armes !
— Pareil pour moi, confirme-t-il. Ramasse ce qui t'intéresse et fichons le camp d'ici ! Je tire sur Enobaria, qui se rapproche un peu trop à mon goût, mais elle s'y attendait et replonge dans l'eau avant que ma flèche ne puisse l'atteindre. Gloss n'est pas aussi rapide. Je l'atteins à la cuisse au moment où il s'enfonce dans les vagues. Je rafle un arc supplémentaire avec un deuxième carquois, passe deux couteaux et un poinçon dans ma ceinture, puis retrouve Finnick de l'autre côté de la corne.
— Occupe-toi de ça, veux-tu ? me lance-t-il.
Je vois Brutus se ruer sur nous. Il a défait sa ceinture et la tient devant lui comme un bouclier. Quand je lui tire dessus, il réussit à bloquer ma flèche avec, au lieu de se faire transpercer le foie. Un liquide gicle de la ceinture traversée «le part en part, et l'éclaboussé au visage. Le temps que j'encoche une autre flèche, Brutus se laisse tomber à plat ventre par terre, roule jusqu'à l'eau et disparaît dans les vagues. J'entends un objet métallique tinter derrière moi.
— Tirons-nous ! dis-je à Finnick. Cet affrontement a donné le temps à Enobaria et à Gloss d'atteindre la Corne d'abondance. Brutus est à portée de tir, et je suis sûre que Cashmere n'est pas loin non plus. Ces quatre carrières classiques ont sans doute conclu une alliance. Si je n'avais que ma sécurité à assurer, je serais tentée de m'occuper d'eux avec Finnick. Mais je dois penser à Peeta. Je l'aperçois maintenant, toujours sur sa plaque en métal. Je m'élance vers lui, et Finnick me suit sans hésitation, comme s'il lisait dans mes pensées. Parvenue au bord de l'eau, je commence à me débarrasser de mes couteaux et me prépare à plonger pour aller le chercher. Finnick m'arrête d'une main sur l'épaule.
— Je m'en charge, déclare-t-il. Le doute m'assaille. Serait-ce une ruse ? Gagner ma confiance, pour mieux nager jusqu'à Peeta et le noyer ?
— Je peux le faire. Mais Finnick a lâché toutes ses armes.
— Mieux vaut éviter de te fatiguer. Dans ton état, dit-il en me tapotant le ventre. « Oh, c'est vrai. Je suis censée être enceinte », me dis-il. Pendant que je réfléchis à tout ce que ça implique - dois-je me mettre à vomir ?
— Finnick s'avance au bord de l'eau.
— Couvre-moi, dit-il. Il disparaît dans un plongeon irréprochable. Je bande mon arc, prête à repousser tout attaquant venu de la Corne d'abondance, mais personne ne semble s'intéresser à nous. Comme prévu, Gloss, Cashmere, Enobaria et Brutus se sont regroupés près de la corne dorée et fouillent parmi les armes. Leur meute est déjà constituée. Un rapide examen du reste de l'arène m'indique que la plupart des tributs sont encore sur leurs plaques. Non, minute, j'aperçois quelqu'un sur la bande de terre à ma gauche, celle en face de Peeta. C'est Mags. Mais elle ne se dirige pas vers la Corne d'abondance, pas plus qu'elle n'essaie de fuir. Elle se jette à l'eau et commence à se propulser tant bien que mal dans ma direction, haussant sa tête grisonnante au-dessus des vagues. D'accord, elle est vieille, mais j'imagine qu'en quatre-vingts ans dans le district Quatre elle a au moins appris à flotter. Finnick a rejoint Peeta et le ramène, un bras en travers du torse, l'autre brassant l'eau avec de grands battements réguliers. Peeta ne résiste pas. J'ignore ce que Finnick a pu lui dire ou faire pour gagner sa confiance - lui montrer le bracelet, peut-être ? À moins qu'il lui ait suffi de nous voir ensemble. Quand ils touchent le sable, j'aide Peeta à se hisser sur la terre ferme.
— Re-bonjour, me dit-il avant de m'embrasser. Nous avons un allié. — Eh oui, je réponds. Comme le voulait Haymitch.
— Rappelle-moi si nous avons passé d'autres accords, et avec qui ?
— Seulement avec Mags, je crois.
D'un mouvement du menton, j'indique la vieille femme qui se rapproche avec obstination.
— Hé, je ne peux pas l'abandonner, proteste Finnick. C'est l'une des rares personnes qui m'apprécient vraiment.
— Je n'ai rien contre Mags, lui dis-je.
Surtout maintenant, avec cette arène. Ses hameçons seront probablement notre meilleure chance de trouver à manger.
— Katniss la voulait avec nous, le premier jour, intervient Peeta. Katniss est très perspicace, approuve Finnick.
Il plonge la main dans l'eau et en sort Mags comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'un chiot. Elle maugrée quelques phrases dans lesquelles je distingue le mot « bouée », puis tapote sa ceinture.

(Extrait du Tome 2 de la sage Hunger Games de Suzanne Collins).

La mort clinique de Peeta:

Citation :
— Peeta!
Je le secoue plus fort, le gifle même ; en vain : son coeur s'est arrêté. Je parle dans le vide.
— Peeta !
Finnick m'écarte sans ménagement.
— Laisse-moi faire.
Il palpe la nuque de Peeta, ses côtes, le creux de son dos. Il lui pince les narines.
— Non!
Je me jette sur Finnick, convaincue qu'il veut achever Peeta, empêcher qu'il ne revienne à la vie. Il me frappe du plat de la main, au plexus, si fort qu'il m'envoie voler contre un arbre voisin. Momentanément étourdie par la douleur, Je souffle coupé, je regarde Finnick boucher encore une fois le nez de Peeta. Affalée par terre, je sors une flèche, l'encoche et m'apprête à tirer quand Finnick se penche sur Peeta pour l'embrasser sur la bouche. Et c'est tellement bizarre, même de la part de Finnick, que je retiens ma main. Non, il ne l'embrasse pas. Il lui bouche le nez mais lui ouvre la bouche en grand et lui insuffle de l'air dans les poumons. Je le vois, je vois vraiment la poitrine de Peeta se soulever et retomber. Puis Finnick ouvre la combinaison de Peeta et entreprend de le masser vigoureusement au niveau du coeur. Passé le premier choc, je comprends ce qu'il essaie de faire. Il m'est arrivé une fois ou deux de voir ma mère utiliser ce genre de technique. Dans le district Douze, quand votre coeur s'arrête, il est rare que vos proches aient le temps de vous transporter jusque chez ma mère. Ses patients habituels souffrent plutôt de brûlures, de plaies diverses ou de maladie. Ou de malnutrition, bien sûr. Mais Finnick vit dans un monde différent. Il a déjà pratiqué ça par le passé. On voit un rythme bien précis, une méthode, dans ses gestes. La pointe de ma flèche retombe par terre tandis que je me penche en avant, guettant désespérément le moindre signe de vie. Plusieurs minutes interminables s'écoulent. Je suis en train de me dire que c'est fini, que Peeta est mort, qu'il ne reviendra plus, quand il se met à toussoter. Finnick se redresse. J'abandonne mes armes dans la poussière et me jette sur Peeta.
— Peeta ? dis-je doucement.
J'écarte quelques mèches moites de son front, et lui palpe le cou. Je sens son pouls tambouriner de nouveau sous mes doigts. Il bat des paupières ; son regard croise le mien.
— Attention, me prévient-il d'une voix faible. Il y a un champ de force là, devant. (Je ris, malgré les larmes que je sens ruisseler sur mes joues.) Il est sûrement beaucoup plus intense que celui du centre d'Entraînement. Mais c'est bon, je vais bien. Juste un peu secoué.
— Tu étais mort ! Ton coeur ne battait plus ! dis-je, avant de me demander si je ne ferais pas mieux de me taire.
Je plaque la main sur ma bouche pour tâcher de retenir ces horribles hoquets étranglés que je produis en sanglotant.
— Eh bien, on dirait qu'il est reparti, observe-t-il. Tout va bien, Katniss. Je fais oui de la tête, sans cesser de hoqueter
— Katniss ? Voilà qu'il s'inquiète pour moi, à présent. Ça ne fait qu'ajouter à l'absurdité de la situation.
— Ne t'en fais pas pour elle, ce sont les hormones, explique Finnick. À cause du bébé. Je relève la tête et je le vois accroupi, tranquille, quoique encore essoufflé par l'ascension, la chaleur et l'effort fourni pour ramener Peeta à la vie.
— Non. Ce n'est pas... Je m'interromps, arrêtée par de nouveaux sanglots hystériques qui semblent confirmer ce qu'il vient de dire à propos du bébé. Finnick me regarde droit dans les yeux. Je lui jette un regard noir à travers mes larmes. C'est stupide, je sais, de me vexer de cette manière. Je voulais simplement sauver Peeta, j'en étais incapable, Finnick l'a fait, je devrais lui en être reconnaissante. Et je le suis. Mais cette situation me rend furieuse, également, parce qu'elle signifie que je serai toujours en dette avec Finnick Odair. Toujours. Alors, comment vais-je pouvoir le tuer dans son sommeil ? On s'attendrait à lire sur son visage une expression satisfaite, ou narquoise, mais il semble perplexe. Son regard passe de Peeta à moi, comme s'il essayait de comprendre quelque chose, puis il renonce en secouant la tête.
— Comment te sens-tu ? demande-t-il à Peeta. Tu peux marcher ?
— Non, il a besoin de repos, dis-je. Mon nez coule comme une fontaine et je n'ai même pas de mouchoir. Mags arrache une poignée de mousse sur une branche et me l'offre. Je suis trop secouée pour m'en étonner. Je me mouche bruyamment, puis j'essuie les larmes sur mon visage. C'est bien, la mousse. Très absorbant, étonnamment doux. Je remarque un scintillement doré sur le torse de Peeta. Je tends la main, et je soulève le disque accroché à une chaîne autour de son cou. Mon geai moqueur est gravé dessus.
— C'est ton objet personnel ? dis-je.
— Oui. Ça ne t'ennuie pas, que j'aie adopté ton oiseau ? Je voulais qu'on soit assortis.
— Non, bien sûr que ça ne m'ennuie pas. Je me force à sourire. Peeta portant un geai moqueur dans l'arène, c'est à la fois une bonne et une mauvaise chose. D'un côté, ça devrait encourager les rebelles dans les districts. De l'autre, on imagine mal que le président Snow ne s'en aperçoive pas, et ça me complique singulièrement la tâche pour garder Peeta en vie.
— Si je comprends bien, on campe ici ? demande Finnick.
— Je ne crois pas que ce soit possible, répond Peeta. Sans eau, sans protection... Je peux marcher, vraiment. Si on ne va pas trop vite.
— Ce sera toujours mieux que de rester assis là.
Finnick aide Peeta à se lever pendant que je me remets de mes émotions. Depuis ce matin j'ai regardé Cinna se faire rouer de coups sous mes yeux, j'ai atterri dans une nouvelle arène, et j'ai vu mourir Peeta. Encore heureux que Finnick joue la carte de la grossesse pour moi, car du point de vue des sponsors on ne peut pas dire que je fasse des étincelles. Je vérifie mes armes, sachant très bien qu'elles sont en parfait état, afin de me donner une contenance. Je vais ouvrir la marche, dis-je avec autorité. Peeta fait mine de soulever une objection, mais Finnick l'interrompt.
— Non, laisse-la faire. (Il se tourne vers moi, les sourcils froncés.) Tu savais qu'il y avait ce champ de force, pas vrai ? Tu as tenté de nous prévenir à la dernière seconde. (Je fais oui de la tête.)
— Comment le savais-tu ? J'hésite. Révéler que Beetee et Wiress m'ont appris à repérer un champ de force pourrait s'avérer dangereux. J'ignore si les Juges ont remarqué ou non cette discussion que nous avons eue lors de l'entraînement. Dans un cas comme dans l'autre, je détiens un renseignement précieux. Et s'ils en ont conscience, ils risquent de modifier leurs champs de force de manière à les rendre indétectables. Mieux vaut mentir.
— Je ne sais pas. C'est comme si j'avais pu l'entendre. Écoutez. Nous observons un moment de silence. On n'entend plus que le crissement des insectes, le chant des oiseaux et le bruissement du vent dans les feuilles.
— Je n'entends rien, avoue Peeta.
— Mais si, on dirait le bourdonnement du grillage autour du district Douze, en beaucoup plus faible. (Tout le monde écoute intensément. Moi aussi, même si je sais qu'il n'y a rien à entendre.) Là ! Vous l'avez ? Ça vient pile de l'endroit où Peeta s'est pris la décharge.
— Je n'entends rien non plus, reconnaît Finnick. Mais si toi, oui, je t'en prie, passe devant. Je décide de jouer cette carte à fond.
— Curieux. (Je tourne la tête de part et d'autre, en prenant un air perplexe.) Je ne l'entends que dans mon oreille gauche.
— Celle que les médecins ont opérée ? demande Peeta.
— Oui, dis-je avant de hausser les épaules. Ils ont peut-être amélioré mon audition. Vous savez, parfois j'entends des droles de trucs de ce côté-là. Des choses qui ne font as de bruit d'habitude. Comme le battement des ailes d’insectes, la chute des flocons sur le sol. Parfait. Désormais, l'attention va se tourner vers les chirurgiens qui m'ont réparé l'oreille à l'issue des Jeux l'année dernière. Ils vont devoir expliquer pourquoi j'ai une ouïe de chauve-souris.

(Extrait du Tome 2 de la sage Hunger Games de Suzanne Collins).

Les Geais:

Citation :
«Où est-elle ? Que sont-ils en train de lui faire ? »
— Prim ! Prim ! Un autre hurlement de souffrance me répond « Comment est-elle arrivée là ? Que vient-elle fabrique dans ces Jeux ? »
— Prim ! Je me griffe le visage et les bras aux lianes, je me prends, les pieds dans des racines. Mais je me rapproche. Je suis tout près, à présent. La sueur qui dégouline le long de mon visage pique mes cicatrices. La respiration sifflante, je cherche mon souffle dans cet air moite dépourvu d'oxygène Prim lâche un cri tellement affreux, tellement déchirant que je ne veux même pas imaginer ce qui a pu le provoquer.
— Prim ! Je crève un dernier rideau de verdure et débouche dm une petite clairière. Le son se répète directement au dessus de moi. Au-dessus ? Je rejette la tête en arrière. L’aurait-on hissée dans un arbre ? Je scrute désespérément le feuillage, en vain.
— Prim ? Dis-je sur un ton implorant. Je ne parviens pas à la voir. Un nouveau hurlement s'élève, clair comme du cristal, et cette fois on ne peut pas se méprendre sut sa source. II son du bec d un petit oiseau noir à huppe perché sur une branche à plus de six mètres au-dessus de ma tête.
Un geai bavard. C'est la première fois que j'en vois un - je les croyais disparus -, et je l'examine un instant en m'appuyant contre le tronc, la main sur mon point de côté. La mutation génétique, le précurseur, le père. Je lui superpose l'image mentale du geai moqueur, et oui, je peux voir comment le premier a pu engendrer l'autre. Il n'y a rien chez cet oiseau qui trahisse son origine artificielle. Rien, sinon les accents horriblement humains de la voix de Prim qui jaillissent de son bec. Je le fais taire d'une flèche dans la gorge. L'oiseau tombe sur le sol. Je lui tords le cou pour faire bonne mesure. Puis je récupère ma flèche, et je jette cette bestiole répugnante à travers la jungle. Aucune sensation de faim ne pourrait me convaincre de la manger. « Ce n'était pas réel, me dis-je. De la même manière que les faux loups de l'année dernière n'étaient pas vraiment les tributs morts. C'est juste un mauvais tour de ces sadiques de Juges. » Finnick fait irruption dans la clairière. Il me trouve en train d'essuyer ma flèche avec de la mousse.
— Katniss ?
— Ça va. Je vais bien, dis-je, même si c'est un mensonge. J'ai cru entendre la voix de ma soeur, mais... Un cri strident m'interrompt. Ce n'est plus la voix de Prim ; on dirait celle d'une jeune femme. Je ne la reconnais pas. En revanche, son effet sur Finnick est immédiat. Son visage blêmit, et je peux voir ses pupilles se dilater de terreur.
— Finnick, attends !
Lui dis-je en tendant le bras pour le rassurer. (Mais il s'élance déjà dans la jungle, à la recherche de la victime, comme je me suis élancée sans réfléchir à la recherche de Prim.) Finnick ! Je sais qu'il ne va pas s'arrêter ni attendre que je lui fournisse une explication rationnelle. Alors, il ne me reste plus qu'à lui emboîter le pas. Il n'est pas difficile à suivre, malgré sa rapidité, car il laisse une piste très nette dans son sillage. Mais l'oiseau est à quelque six cents mètres de distance, plus haut sur la colline, et je suis à bout de souffle lorsque je le rattrape. Je le trouve en train de tourner en rond autour d'un arbre géant. Le tronc fait presque un mètre cinquante de diamètre et ses premières branches ne commencent pas à moins de sept mètres de hauteur. Les cris de la jeune femme parviennent du feuillage, mais le geai bavard reste invisible. Finnick hurle, lui aussi.
— Annie ! Annie !
Il est complètement paniqué, hermétique à mes arguments, si bien que je fais ce que j'aurais fait de toute-manière. Je grimpe à un arbre voisin, localise le geai bavard et l'abat
d'une flèche. L'oiseau s'écrase aux pieds de Finnick. Celui-ci le ramasse, fait le lien dans son esprit, mais quand je me laisse glisser au sol pour le rejoindre il paraît plus désespéré que jamais.
— Tout va bien, Finnick. C'est juste un geai bavard. Un sale tour qu'on nous joue, lui dis-je. Ça n'a rien de réel. Ce n'est pas... ton Annie.
— Non, ce n'est pas elle. Par contre c'était bien sa voix Les geais bavards sont de parfaits imitateurs. Mais pour les reproduire, il faut qu'ils les aient entendues crier, ces voix Katniss ! Je me sens blêmir à mon tour.
— Oh, Finnick, tu ne crois quand même pas que...
— Si. C'est exactement ce que je crois. Je me représente Prim dans une pièce toute blanche, sanglée à une table pendant que des inconnus masqués en blouse lui arrachent ces hurlements. On est en train de la torturer, ou on l'a torturée, pour lui arracher ces cris. Mes genoux cèdent et je m'écroule par terre. Finnick s'efforce de me dire quelque chose que je n'entends pas. Ce que je finis par entendre, c'est un troisième oiseau quelque part sur ma gauche. Avec la voix de Gale cette fois-ci. Finnick me retient par le bras.
— Non. Ce n'est pas lui. (Il m'entraîne dans la pente, en direction de la plage.) Fichons le camp d'ici ! Mais la voix de Gale est empreinte d'une telle souffrance que je ne peux m'empêcher de me débattre pour tenter de le rejoindre
— Ce n'est pas lui, Katniss ! C'est une saleté de mutation génétique ! me crie Finnick. Viens ! Il me tire derrière lui, en me portant à moitié, jusqu'à ce que je finisse par me raisonner. Ce n'est qu'un geai bavard. Courir derrière lui ne va pas aider Gale. Ce qui ne change rien au fait que c'est bien la voix de Gale, et que quelqu'un, quelque part, l’à forcé à émettre ces sons atroces.Je cesse pourtant de lutter contre Finnick, et, comme lors de la nuit du brouillard, je fuis ce que je ne peux pas combattre. Ce qui ne, peut que me faire du mal. Sauf que là, c'est mon coeur et non mon corps qui se désintègre. C'est sans doute une autre arme de l'horloge. Celle de 4 heures, j'imagine. Quand les aiguilles invisibles atteignent le quatre, les singes repartent à la niche et les geais bavards entrent en jeu. Finnick a raison : il ne nous reste plus qu'à ficher le camp d'ici. Même si rien de ce qu'Haymitch pourra nous envoyer au bout d'un parachute ne saura nous aider l'un ou l'autre à nous remettre des blessures infligées par ces oiseaux. En voyant Peeta et Johanna debout à l'orée de la forêt, j'éprouve un mélange de soulagement et de colère.
Pourquoi Peeta n'a-t-il pas volé à mon secours ? Pourquoi ne sont-ils pas venus nous aider ? À présent encore, il reste à distance, les mains levées, les paumes vers nous, en remuant les lèvres en silence… Pourquoi ?
Le mur est si transparent que Finnick et moi nous jetons droit dessus avant de rebondir sur le sol de la jungle. J'ai de la chance, j'ai reçu l'impact du choc sur l'épaule, alors que Finnick se l'est pris en pleine face. Son nez saigne abondamment. Voilà pourquoi Peeta, Johanna et même Beetee, qui secoue tristement la tête derrière eux, ne nous ont pas secourus. Une barrière invisible bloque l'accès à la plage. Ce n'est pas un champ de force. On peut toucher sa surface lisse et dure sans problème. Mais ni le couteau de Peeta ni la hache de Johanna n'ont réussi à l'entamer. Je sais, sans avoir besoin de vérifier sur plus de quelque, mètres de chaque côté, qu'elle englobe la totalité du coin correspondant à la quatrième heure. Nous sommes faits comme des rats, piégés à l'intérieur jusqu'à la fin de l'heure. Peeta plaque ses mains contre la surface et je pose les miennes de l'autre côté, comme si je pouvais le sentir à travers la paroi. Je vois remuer sa bouche mais je m l'entends pas, je n'entends rien du tout en dehors de nom coin de jungle. J'essaie de lire sur ses lèvres, en vain. Je me contente donc de fixer son visage, en faisant de mon mieux pour garder mon sang-froid. Puis les oiseaux commencent à s'approcher. Un à un. À se percher dans les branches environnantes. Et un concert de hurlements soigneusement orchestrés s'élève de leurs becs. Finnick capitule tout de suite : il se roule en boule par terre, les deux mains sur les oreilles comme s'il cherchait à se broyer le crane .J’essaie de résister un moment, |e vide mon carquois de flèches sur ces maudits piafs. Mais chaque oiseau que j'abats est remplacé par un autre. En fin de compte, j'abandonne à mon tour et me recroqueville à côté de Finnick en tâchant d'occulter les voix déchirantes de Prim, de Gale, de ma mère, de Madge, de Rory, de Vick ou même de Posy, la pauvre petite Posy...
Je prends conscience que l'épreuve est terminée quand les mains de Peeta se posent sur moi, me soulèvent du sol et m'emportent hors de la jungle. Je garde les yeux fermés, les mains sur les oreilles, incapable de détendre mes muscles. Peeta me serre dans ses bras en me berçant de paroles apaisantes, en me balançant doucement. Un long moment s'écoule avant que je me décontracte. Et quand j'y réussis enfin, je commence à trembler.
— Ce n'est rien, Katniss, me murmure-t-il.
— Tu-n'as pas entendu leurs voix.
— J'ai entendu celle de Prim. Au tout début. Mais ce n'était pas elle. C'était un geai bavard.
— Si, c'était elle. Quelque part. Le geai bavard n'a fait qu'enregistrer sa voix.
— Ça, c'est ce qu'ils aimeraient te faire avaler, insiste-t-il. Comme l'année dernière, quand j'ai cru reconnaître les yeux de Glimmer sur cette mutation génétique. Sauf que ce n'étaient pas ses yeux. Pas plus qu'il ne s'agissait de la voix de Prim. Ou alors, sa voix récupérée dans une interview et déformée pour lui faire dire ce qu'ils voulaient.
— Non, ils l'ont torturée, dis-je. Elle est sans doute morte à l'heure qu'il est.
— Katniss, Prim n'est pas morte. Ils ne peuvent pas la tuer. Nous ne sommes pratiquement plus que huit. Et que se passe-t-il habituellement à ce moment-là ?
— Sept d'entre nous vont mourir, dis-je d'un ton désespéré.
— Non, chez nous. Que se passe-t-il quand les huit derniers tributs atteignent la phase finale des Jeux ? (Il me relève le menton pour m'obliger à le regarder. À croiser son regard.) Qu'arrive-t-il à ce moment-là ? Sachant qu'il essaie de m'aider, je me force à réfléchir.
— Quand il n'en reste plus que huit ? Dis-je. Ils passent dans les districts, interviewer les familles et les amis.
— Précisément, confirme Peeta. Les familles et les amis. Et comment feraient-ils s'ils avaient déjà tué tout le monde ?
— Ils ne pourraient pas ? Dis-je d'une voix mal assurée.
— Eh non. C'est pour ça que je sais que Prim est encore en vie. Tu peux être sûre que c'est la première à laquelle ils tendront le micro. Je voudrais le croire. De tout mon être. Mais ces voix...
— D'abord Prim. Et ensuite, ta mère. Ton cousin Gale. Puis Madge, continue Peeta. Ce n'était qu'un piège. Katniss. Un piège horrible. Mais dont nous sommes les seuls à pouvoir souffrir. C'est nous qui sommes dans l'arène. Pas nos proches.
— Tu en es sûr ?
— J'en suis convaincu, déclare Peeta.J'hésite, sachant à quel point Peeta peut se montrer persuasif. Je me tourne vers Finnick et le découvre fascine par Peeta, buvant ses paroles.
— Et toi, Finnick ? Lui dis-je. Tu le crois aussi ?
— Il a peut-être raison. Je n'en sais rien, répond il Est-ce que c'est possible, Beetee ? De prendre In voix de quelqu'un et de la manipuler pour...
— Oh, oui. Ça n'a rien de sorcier, vous savez, nous assure Beetee. On apprend à faire ça à l'école.Bien sur que Peeta a raison, intervient froidement Johanna. Le pays entier adore la petite soeur de Katniss. S'ils la tuaient, ils se retrouveraient avec un soulèvement sur les bras. Et ils ne veulent pas de ça. (Elle rejette la tête en arrière et se met à crier à tue-tête.) Hein ? Une rébellion générale à travers tout le pays ! Pas vrai, que vous ne voulez pas de ça ?

(Extrait du Tome 2 de la sage Hunger Games de Suzanne Collins).

Pour l'anecdote, je dirais que c'est à partir de ce moment-là que j'ai vraiment ouvert les yeux sur Jo'. Elle n'était pas seulement une indécrottable chieuse agressive. Mais avant tout quelqu'un qui avait tout perdu, qui comme moi, comme nous ne supportait plus le Capitole et ses pressions...

La plage et l'aveux de Peeta:

Citation :
Peeta et moi nous asseyons sur le sable humide, tourné dans deux directions opposées, mon épaule et ma main droites pressées contre les siennes. Je surveille l’eau, lui, la jungle. C'est mieux ainsi ; je suis encore hantée par les voix des geais bavards, que, malheureusement, le crissement des insectes ne parvient pas à noyer. Au bout d'un moment, je pose ma tête contre son épaule. Sa main s'enfonce dans mes cheveux.
— Katniss, dit-il doucement, ça ne sert à rien de faire semblant d'ignorer ce que l'autre essaie de faire. J'imagine que non, en effet, mais ça ne sert à rien d'en discuter, non plus. Enfin, pour nous, en tout cas. Les spectateurs du Capitole sont probablement rivés à leur écran afin de ne pas perdre une miette de nos paroles.
— Je ne sais pas quel genre d'accord tu crois avoir conclu avec Haymitch, mais tu dois savoir qu'il m'a fait une promesse à moi aussi. (Bien sûr que je le sais. Il est convenu avec Peeta qu'ils me garderaient en vie afin d'endormir ses soupçons.) On peut donc considérer qu'il a menti à l'un d'entre nous. Voilà qui retient mon attention. Un double accord, une double promesse, Haymitch étant le seul à savoir lequel est le bon. Je lève la tête et regarde Peeta dans les yeux.
— Pourquoi me dire tout ça maintenant ?
— Pour que tu n'oublies pas que nos situations ne soin pas les mêmes. Si tu meurs, et que je m'en sorte, il n'y aura pas de vie pour moi au district Douze. Tu es toute ma vie, m'assure-t-il. Je ne pourrai jamais plus être heureux. (Je fais mine de protester, mais il pose un doigt sur mes lèvres.) Pour toi, c'est différent. Je ne dis pas que ce serait facile. Mais il y a d'autres personnes prêtes à remplir ta vie. Peeta soulève le disque d'or qu'il porte en médaillon autour du cou. Il l'élève dans la clarté lunaire afin de me montrer le geai moqueur. Puis son pouce presse un minuscule bouton qui m'avait échappé jusque-là, et le médaillon s'ouvre. Il n'est pas massif, contrairement à ce que je croyais, mais creux. Et il contient deux photos. Celle de droite montre ma mère et Prim, en train de rire. Et celle de gauche, Gale. Qui sourit. Rien au monde n'aurait pu mieux me toucher que ces trois visages. Après ce que j'ai entendu cet après-midi... c'est l'arme parfaite.
— Ta famille a besoin de toi, Katniss, dit Peeta. Ma famille. Ma mère. Ma soeur. Et mon soi-disant cousin Gale. Mais, dans le discours de Peeta, il est clair que Gale fait partie de ma famille. Ou le fera un jour, si je m'en sors. Parce que je l'épouserai. Ainsi Peeta prétend m'offrir sa vie et Gale dans un seul et même paquet cadeau. Me faire savoir que je n'aurais jamais dû en douter. Tout, Peeta veut-que je lui prenne tout.Je m'attends à ce qu'il mentionne également le bébé, devant les caméras, mais il s'abstient. Je sais ainsi qu'il n'est pas en train de jouer la comédie pour lès Jeux. Que ses sentiments sont sincères.
— Alors que personne n'a besoin de moi, dit-il. Il n'y a aucun auto-apitoiement là-dedans. C'est vrai que sa famille n'a pas besoin de lui. Elle le pleurera, bien sûr, ainsi qu'une poignée d'amis. Mais la vie continuera. Pour Haymitch également, grâce à l'alcool. La seule personne qui ne s'en remettra pas si Peeta meurt, c'est moi.
— Si, moi, dis-je. J'ai besoin de toi. Il paraît troublé, prend sa respiration comme pour se lancer dans un long discours. Ce n'est pas bon, pas bon du tout, car il va me parler de Prim, de ma mère, tout Gale se qui va encore m'embrouiller les idées. Alors, avant qu'il ne dise un mot de plus, je lui ferme les lèvres par un baiser. Voilà que ça me reprend. Cette chose que j'ai déjà éprouvée une fois. L'an dernier, dans la grotte, quand j'essayais de convaincre Haymitch de nous envoyer à manger .J’ai embrassé Peeta un millier de fois au cours de tes jeux et par la suite. Mais un seul de ces baisers m’a profondement remuée. Un seul m’en a donne envie d'en avoir d'autres. Seulement, ma blessure à la tête s'était mise à saigner et m'avait obligée à m'allonger. Cette fois-ci, rien ne vient nous interrompre. Et après quelques tentatives Peeta renonce à parler. Une sensation de chaleur me gagne, part de ma poitrine et se répand à travers mon corps, le long de mes bras, de mes jambes, dans tout mon être. Loin de me satisfaire, ce baiser accroît mon désir. Moi qui me croyais une experte en matière de faim, je découvre là un appétit d'un genre nouveau.
Le premier coup de tonnerre - celui de l'éclair qui frappe le grand arbre à minuit - nous ramène à la réalité. Il réveille également Finnick, qui se redresse brusquement avec un grand cri. Je vois ses doigts creuser dans le sable comme pour s'assurer qu'il est sorti de son cauchemar.
— Je n’arrive plus à dormir, nous dit-il. Je vais remplacer l'un de vous deux. (C'est alors seulement qu'il remarque nos expressions, la manière dont nous sommes lovés dans les bras l'un de l'autre.) Ou peut-être les deux. Je peux monter la garde tout seul. Mais Peeta ne veut pas en entendre parler.
— C'est trop dangereux, objecte-t-il. Je ne suis pas fatigué. Va te coucher, Katniss. Je ne proteste pas. J'ai besoin de sommeil si je veux être en état de le protéger. Je le laisse me raccompagner au milieu des autres. Il me passe son médaillon autour du cou, puis pose la main sur mon ventre.
— Tu seras une mère formidable, tu sais, me dit-il.Il m'embrasse une dernière fois puis retourne auprès de Finnick. Sa référence au bébé m'indique que notre petit intermède privé est terminé. Qu'il a conscience que le public doit se demander pourquoi il n'a pas utilisé le meilleur argument de son arsenal. Que les sponsors doivent être caressés dans le sens du-poil. Mais, en m'étendant sur le sable, je me demande s'il n'y aurait pas davantage dans cette remarque. Une façon de me rappeler que je pourrais avoir des enfants avec Gale ? Si c'est ça, Peeta fait erreur. Parce que, d'une part, ça n'a jamais fait partie de mes projets. Et d'autre part, si l'un d'entre nous doit devenir parent, il est évident que c'est lui.

(Extrait du Tome 2 de la sage Hunger Games de Suzanne Collins).

Le reste est assez confus pour moi, un instant je me tenais près de Peeta en lui disant que l'on se retrouverait un peu plus tard et la seconde suivante je me réveille avec Johanna sur moi, en train de me charcuter le bras. Et encore une seconde plus tard, elle était en train de courir pour éloigner Enobaria et... je ne sais plus... c'est confus. Je me souviens juste du fil, de mon arc, de ma réflexion de quelques secondes et puis... plus rien si ce n'est les hurlements de Peeta...

Quand je me suis réveillée mon monde avait basculé. Peeta était retenu prisonnier du Capitole, le district 12 n'existait plus, mes ennemis de l'arène étaient devenus des alliés, on voulait faire de moi le symbole de la rébellion... Et pour être honnête, je ne suis toujours pas certaine de comprendre pourquoi. Oui les baies ont été prises comme un défi lancé au Capitole mais... d'autres avant moi et après moi se sont montrés bien plus imaginatifs sur le sujet. Et puis... c'est Peeta qui a fait de moi... quelqu'un. C'est lui le charmeur, le beau parleur de notre équipe pas moi... Encore aujourd'hui je reste persuadée qu'ils se sont trompés de Geai Moqueur, mais à ce moment-là il était déjà trop tard pour faire machine arrière.

Tout était si confus! Il m'a fallu du temps pour me faire à l'idée qu'Haymitch ne nous avait pas trahi, Peeta et moi. Que Gale disait la vérité pour le district 12. Il m'a fallu plus de temps encore pour accepter l'idée de devenir le Geai Moqueur, malgré Peeta, pour Peeta, plus encore que pour la liberté. Alors seulement j'ai fait ce que je devais. Sans véritablement être encrée dans la rébellion, je me suis battue comme je l'avais toujours fait, en donnant tout ce que je pouvais. Dans l'espoir de protéger ceux que j'aimais. Seulement, au moment même où la rébellion prenait véritablement un sens à mes yeux. Au moment même où j'ai eu l'impression de retrouver Gale, mon Gale, que j'ai eu l'impression de trouver ma place dans ce combat, Peeta m'est revenu... différent.

Le Capitole l'avait laissé filer à raison, Peeta me haïssait désormais. Incapable de démêler le vrai du faux, il n'avait plus qu'une idée en tête, me tuer... Mon monde c'est juste écroulé. Je m'étais battu pour lui, je ne sais même pas comment exprimer la joie que j'ai eue à le retrouver et le revoir, comme ça... comme-ci... Je ne pouvais pas le supporter vous comprenez? Il fallait que je parte, que je m'éloigne... Que je retrouve la paix. Peeta était si agressif parfois, si dure:

Citation :
En entendant la porte s’ouvrir, il écarquille les yeux puis plisse le front d’un air perplexe. Delly s’avance d’abord avec timidité, mais en s’approchant de son lit elle ne peut s’empêcher de sourire.
— Peeta ? C’est Delly. Tu te rappelles ?
— Delly ? (Le brouillard semble se dissiper quelque peu.) Delly. C’est toi. Oui ! S’exclame-t-elle, avec un soulagement visible. Comment te sens-tu ?
— Horrible. Où sommes-nous ? Que s’est-il passé ?
— C’est parti, murmure Haymitch.
— Je lui ai demandé d’éviter toute allusion à Katniss ou au Capitole, nous confie Plutarch. D’essayer plutôt d’évoquer la maison.
— Eh bien... On est au district Treize. C’est là qu’on vit maintenant, répond Delly.
— C’est ce qu’on n’arrête pas de me dire. Mais ça n’a pas de sens. Pourquoi ne sommes-nous pas chez nous ? Delly se mord la lèvre.
— Il y a eu... un accident. Notre ancien district me manque beaucoup, à moi aussi. Je repensais à ces dessins à la craie qu’on faisait sur les pavés. Les tiens étaient si beaux. Tu te souviens des animaux que tu dessinais ?
— Oui, admet Peeta. Des cochons, des chats, et je ne sais plus quoi encore. Tu as parlé d’un... accident ? Une mince pellicule de sueur luit sur le front de Delly. Elle s’efforce d’éluder la question :
— C’a été affreux. Personne... n’a pu rester, bafouille- t-elle.
— N’insiste pas, petite, souffle Haymitch.
— Mais je suis sûre que tu vas te plaire ici, Peeta. Les gens sont très gentils avec nous. Il y a de quoi manger et des vêtements propres pour tout le monde, et l’école est beaucoup plus intéressante, dit Delly.
— Pourquoi mes parents ne sont-ils pas venus me voir ? demande Peeta.
— Ils n’ont pas pu. (Delly perd pied de nouveau.) Beaucoup de gens n’ont pas réussi à quitter le Douze. Il va falloir nous faire une nouvelle vie ici. Il y a sûrement du travail pour un bon boulanger. Tu te souviens quand ton père nous laissait faire des garçons et des filles en pâte à pain ?
— Il y a eu un incendie, déclare Peeta tout à coup.
— Oui, avoue-t-elle à voix basse.
— Le Douze a brûlé, pas vrai ? A cause d’elle, s’emporte Peeta. A cause de Katniss ! Il commence à tirer sur ses sangles.
— Oh, non, Peeta. Ce n’était pas sa faute, proteste Delly.
— C’est elle qui t’a demandé de dire ça ?
— Faites-la sortir, ordonne Plutarch. La porte s’ouvre immédiatement, et Delly bat en retraite dans sa direction.
— Elle n’en a pas eu besoin. Je..., commence Delly.
— Parce qu’elle t’a menti ! C’est une menteuse ! Ne crois rien de ce qu’elle peut te raconter ! crie Peeta. C’est une sorte de mutation génétique créée par le Capitole pour s’en servir contre nous !
— Non, Peeta. Elle n’est pas comme..., tente de plaider Delly.
— Ne lui fais pas confiance, Delly, insiste Peeta d’une voix frénétique. Je l’ai fait, et elle a essayé de me tuer. Elle a tué mes amis. Mes parents. Ne t’approche pas d’elle. C’est une mutante ! Une main passe le seuil et tire Delly à l’extérieur. La porte se referme. Peeta continue de hurler :
— Une mutante ! Une saleté de mutante ! Non seulement il me déteste et ne pense qu’à me tuer, mais il ne me croit même plus humaine. C’était moins douloureux de me faire étrangler. Autour de moi, les membres de l’équipe soignante griffonnent comme des fous, notant soigneusement chaque mot. Haymitch et Plutarch m’empoignent chacun par un bras et m’entraînent hors de la salle. Ils m’adossent contre le mur dans le couloir silencieux. Mais je sais que les cris de Peeta résonnent toujours derrière la porte et le miroir sans tain. Prim, s’est trompée. Peeta est irrécupérable.
— Je ne peux pas rester là, dis-je d’une voix éteinte. Si vous voulez que je sois votre geai moqueur, vous allez devoir m’envoyer ailleurs.
— Où voudrais-tu aller ? demande Haymitch.
— Au Capitole. C’est le seul endroit où il me reste quelque chose à faire.
— Impossible, répond Plutarch. Pas tant que les combats continueront dans les districts. La bonne nouvelle, c’est qu’ils sont en train de se terminer presque partout sauf dans le Deux. Mais c’est une noix plutôt difficile à briser. Il a raison. D’abord les districts. Ensuite le Capitole. Et enfin, Snow.
— D’accord, dis-je. Envoyez-moi dans le Deux.

(Extrait du Tome 3 de la sage Hunger Games de Suzanne Collins).

Ou encore:

Citation :
Je meurs de faim et le ragoût est tellement délicieux - au boeuf, avec des pommes de terre, des navets et des oignons dans une sauce épaisse - que je dois me retenir de l’avaler tout rond. Partout dans le réfectoire, on sent l’effet revigorant d’un aussi bon repas. Ça rend les gens plus gentils les uns avec les autres, plus drôles, plus optimistes, ça leur rappelle que ce n’est pas si pénible de continuer à vivre. C’est plus efficace que tous les médicaments. Alors, je m’applique à le savourer et je me joins à la conversation. J’éponge la sauce avec un morceau de pain que je grignote en écoutant Finnick nous raconter je ne sais quelle histoire ridicule de tortue de mer qui lui avait emporté son chapeau. Je ris, avant de réaliser qui se tient là. Juste face à moi, derrière la place vide à côté de Johanna. En train de me regarder. Je m’étrangle presque avec mon bout de pain.
— Peeta ! s’exclame Delly. C’est formidable de te voir dehors... et debout.
Deux gardiens à la carrure imposante sont derrière lui. Il tient son plateau bizarrement, en équilibre au bout des doigts, car ses poignets sont reliés par une courte chaîne.
— Jolis bracelets, observe Johanna.
— On ne peut pas encore me faire confiance, explique Peeta. Je ne peux même pas m’asseoir ici sans votre permission. Il indique ses gardiens de la tête.
— Bien sûr qu’il peut s’asseoir. Nous sommes de vieux amis, dit Johanna en tapotant la place à côté d’elle. (Le gardien hoche la tête et Peeta s’installe à notre table.) Peeta et moi étions voisins de cellules au Capitole. Je reconnaîtrais ses hurlements les yeux fermés. Annie, assise à côté d’elle, se bouche les oreilles pour fuir la réalité. Finnick lui passe un bras autour des épaules en fusillant Johanna du regard.
— Quoi ? Se défend Johanna. Mon psy prétend que je ne dois pas retenir ce que je pense. Ça fait partie de ma thérapie. L’ambiance est complètement retombée à notre table. Finnick murmure à l’oreille d’Annie jusqu’à ce qu’elle baisse lentement les mains. Puis il y a un long silence pendant lequel nous faisons semblant de manger.
— Annie, dit joyeusement Delly, tu savais que c’est Peeta qui a décoré votre gâteau de mariage ? Chez nous, ses parents tenaient la boulangerie et c’est lui qui faisait tous les glaçages. Annie lui jette un regard prudent derrière Johanna.
— Merci, Peeta. C’était très beau.
— Ça m’a fait plaisir, Annie, dit Peeta. On retrouve dans sa voix cette gentillesse que je désespérais de réentendre. D’accord, ce n’est pas { moi qu’il s’adresse. Mais quand même.
— Si on veut avoir le temps de se promener, on ferait mieux d’y aller, souffle Finnick à Annie. Il empile leurs deux plateaux de manière à pouvoir les emporter d’une seule main tout en lui donnant l’autre.
— C’est bon de te revoir, Peeta.
— Sois gentil avec elle, Finnick. Sinon, je pourrais essayer de te la prendre. Ce serait une plaisanterie s’il n’avait pas parlé aussi froidement. Mais ça transmet tous les mauvais signaux. Son manque de confiance en Finnick, le sous-entendu qu’il a des vues sur Annie, qu’Annie pourrait quitter Finnick, que je n’existe même pas pour lui.
— Allons, Peeta, rétorque Finnick d’une voix légère. Ne me fais pas regretter de t’avoir réanimé. Il s’éloigne avec Annie, non sans m’avoir jeté un regard soucieux. Après leur départ, Delly a un ton de reproche :
— Il t’a sauvé la vie, Peeta. Plus d’une fois.
— Pour elle, dit-il en levant le menton dans ma direction. Pour la rébellion. Pas pour moi. Je ne lui dois rien. Je ne devrais pas mordre à l’hameçon, mais je ne peux m’en empêcher.
— Peut-être bien. Mais Mags est morte, alors que tu es toujours là. Ça compte quand même pour quelque chose.
— Oui, Katniss, il y a beaucoup de choses qui devraient compter et qui semblent pourtant n’avoir aucune importance. Des souvenirs qui me laissent perplexe, et ce n’est pas la faute du Capitole. Un certain nombre de nuits à bord du train, par exemple, dit-il. Encore des sous-entendus. Qu’il se serait passé plus de choses qu’en réalité à bord du train. Que ce qui s’est vraiment passé - ces nuits où j’ai réussi à garder la raison grâce à ses bras autour de moi - ne compte plus. Que tout ça n’a été qu’un mensonge, une manière de me servir de lui. Peeta fait un petit geste avec sa cuillère, pour nous englober, Gale et moi.
— Alors, vous êtes officiellement ensemble maintenant ou est-ce que tu continues à te traîner ce truc d’amants maudits ?
— Elle continue à se le traîner, répond Johanna. Les mains de Peeta se referment en poings, puis se détendent dans un spasme. A-t-il tellement de mal à ne pas se jeter à ma gorge ? Je sens Gale se tendre à côté de moi, et je crains une altercation. Mais Gale se contente de déclarer :
— Si on me l’avait raconté, je ne l’aurais pas cru.
— Quoi donc ? demande Peeta.
— Toi.
— Il va falloir développer un peu, dit Peeta. Qu’est-ce que tu n’aurais pas cru à propos de moi ?
— Qu’on t’avait remplacé par ton double maléfique, dit Johanna. Gale finit son lait.
— Tu as terminé ? me demande-t-il. Je me lève, et nous remportons nos plateaux. A la porte, un homme m’arrête parce que je tiens toujours à la main le reste de mon pain trempé dans la sauce. Quelque chose dans mon expression, ou peut-être le fait que je n’essayais pas de le dissimuler, le pousse à l’indulgence. Il me regarde avaler mon bout de pain et me laisse sortir. Nous sommes presque arrivés à mon compartiment quand Gale reprend la parole.
— Je ne m’attendais pas à ça.
— Je t’avais dit qu’il me déteste.
— C’est surtout sa façon de te détester. Elle est tellement... familière. J’ai ressenti la même chose, moi aussi, m’avoue t-il. Quand je te voyais l’embrasser à l’écran. Sauf que je savais que j’étais injuste envers toi. Lui ne le voit pas. Nous parvenons devant ma porte.
— Peut-être qu’il me voit telle que je suis vraiment. Allez j’ai besoin de dormir. Gale me retient par le bras avant que je puisse m’éclipser.
— C’est donc ça que tu penses, maintenant ? (Je hausse les épaules.) Katniss, je suis ton plus vieil ami, et tu peux un croire, il ne te voit pas du tout telle que tu es vraiment. Il m’embrasse sur la joue et s’en va de son côté.

(Extrait du Tome 3 de la sage Hunger Games de Suzanne Collins).

Et puis, les choses se sont une nouvelle fois accélérées, les combats ont redoublé d'intensité. Avec Jo' nous avons tenté de rattraper notre retard et d'intégrer une équipe. Nous avons redoublé d'effort pour atteindre nos objectifs. Mais elle était trop fragile. Terrorisée par ce qu'elle avait vécu, elle n'est pas parvenue à passer le test final. De mon côté j'ai rejoint l'équipe de Boggs. Avec Gale, Finnick et 5 autres camarades. Honnêtement, quand j'ai vu la main de Gale se lever, j'ai su que les choses allaient déraper. Pas parce que c'était lui, enfin si... Comment l'expliquer? Gale était mon dernier pilier. Je savais depuis longtemps, bien avant la rébellion même qu'il n'attendait que les moyens de se battre mais... A cet instant précis j'ai tremblé pour lui. C'était le moment qu'il attendait, moi celui que je redoutais... Mais ensemble nous sommes parties pour le Capitole, armée jusqu'aux dents, des dernières technologies, dont un arc, qui m'était spécialement réservé et que Beetee avait créé pour répondre à ma voix...

Seulement, je vous l'ai dit, je n'étais pas un bon Geai Moqueur et puisque Peeta était de retour et que, comme moi, ils étaient arrivés à la conclusion qu'il était bien meilleur meneur que je ne l'étais, et bien Coin a décidé de lui faire intégrer mon équipe. Le message était clair pour tout le monde, il était temps pour le Geai Moqueur de laisser place à un simple visage plutôt qu'une identité à part entière... On n'avait plus besoin de moi...

Les jours qui ont suivi ont été laborieux. Je tentais de me convaincre que Peeta était mon ennemi et que comme tout ennemis s'il bronchait, je devrais l'abattre. Mais les évènements allaient nous lancer à corps perdu dans une aventure dont nous ne serions qu'une poignée à ressentir vivant. Le Capitole était miné de pièges plus cruels et subtiles les uns que les autres. Des bombes, des créatures, de la fumée... A chaque fois que nous avancions, un nouveau piège se déclenchait. Boggs est mort dans nos bras, me remettant la direction de l'équipe. Une nouvelle fois j'avais des vies entre les mains, et une nouvelle fois j'allais mener ceux qui étaient avec moi à la mort.

Déterminée à tuer Snow, j'ai donné à penser à tout le monde que les ordres de Boggs étaient que l'on continue à avancer. Un à un les hommes sont tombés.

Un a un par un jeu que nous avions inventés nous avons essayé d'aider Peeta à savoir ce qui était vrai de ce qui ne l'était. Un a un nous nous sommes séparés... Et finalement, quelques heures à peine après avoir perdu Finnick, c'est le projet de Gale et celui de Beetee qui a tout fait basculer. Une bombe, cruelle, qui non contente d'assassiner nos propres forces, allait aussi tuer celle pour qui tout avait commencé. Prim...

Je crois que ce jour-là une partie de moi est morte avec elle. Je ne me souviens pas de grand-chose de la douleur physique, des brûlures. Par contre je me souviens sans mal de cette douleur que je ressens encore. Prim était bien plus qu'une soeur pour moi, elle était presque mon enfant. Je me suis battue pour elle depuis mes 11 ans. Prendre soin d'elle, assurer sa survie, c'était tout ce que je demandais. Alors oui, c'est vrai, sur le moment j'en ai cruellement voulu à Gale. Sans sa bombe elle serait peut-être encore-là. Mais aujourd'hui je sais que si ça n'avait pas été sa bombe, une autre me l'aurait volée. Peut-être plus cruelle encore, la mort de Finnick suffit à le prouver. Alors je ne sais pas si je pourrai oublier, je voudrais déjà parvenir à m'oublier moi-même en faite. Mais je sais que la seule chose aujourd'hui que je peux lui reprocher, c'est de ne pas m'avoir achevée quand je le lui demandais. J'avais tué Coin, Snow était morte, il ne me restait plus rien, alors pourquoi ? Pourquoi?

Moi qui était persuadée que m'attendait une mort cruelle, on m'a renvoyé dans le 12 avec Haymitch. Avaient-ils alors conscience à quel point j'aurais préféré à cette situation la mort ? Gale était parti, Peeta plus que l'ombre de lui-même, Prim morte, ma mère incapable d'être auprès de moi... Que me restait-il si ce n'est attendre la mort à petit feu? Oh bien sûr j'ai songé à en finir, plus d'une fois, mais je m'en suis trouvée incapable...

Et puis Peeta est revenue et m'a rendu Prim en quelque sorte. J'ai alors tenté de reprendre une certaine forme de routine... Chasser, marcher, manger... Aujourd'hui encore en me levant je dois me convaincre d'avancer...
    -Je m'appelle Katniss Everdeen, j'ai tout perdu et aujourd'hui je dois réapprendre à exister...


L'AVENIR:

Venons-en à ta présence dans ce district/au Capitole? Qu'est-ce qui t'amène ici, si tu n'y as pas grandis? Quel rôle y joues-tu? Pourquoi ce district a-t-il besoin de toi? Qu'attends-tu des prochains mois? De tes nouveaux dirigeants? De l'avenir?


Et bien c'est une nouvelle fois Peeta qui m'a redonné goût à la vie. C'est lui qui a eu l'idée de faire un livre souvenir et pour être honnête ça m'aide énormément. Je refuse que le moindre détail de ceux qui sont tombés ne soient oubliés. Seulement, alors que l'on travaillait à sa rédaction, un coup de téléphone est une nouvelle fois venu tout chambouler. Une nouvelle organisation nommée "les Ombres du Capitole" venait de faire son apparition et revendiquait le retour des jeux. Décidément les hommes n'apprendront-ils jamais du passé? Toujours est-il que la rébellion nous rappelait...

Pour être honnête je n'ai pas envie de reprendre les armes et je ne reprendrai certainement pas le visage du Geai. Le Geai doit être quelqu'un ayant une raison de se battre, ce n'est plus mon cas. Quant aux souvenirs que j'en garde, je n'en parle même pas... J'ignore si j'ai ma place dans ce combat alors que je doute aujourd'hui de l'humanité. Je n'en sais rien, je verrais, j'attends de savoir ce que nos dirigeants nous ont préparés...

Aujourd'hui, l'avenir a pour moi un goût de passé... Tant qu'il en sera ainsi, je doute de pouvoir vraiment répondre à un futur... C'est difficile à expliquer. Mais disons que pour vivre, je dois déjà reprendre le goût d'exister...

ANNEXES AUX DOSSIERS:

D'autres choses à nous faire savoir ? Sur tes capacités? Sur ta vie? Sur ton environnement? Un secret peut-être que nul n'est censé connaître?


Réel ou pas réel? Avancer ou baisser les bras?

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MessageSujet: Re: Katniss Everdeen   Jeu 7 Juin - 13:50

Finiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii cheers Enfin :p Sur la fin j'ai un peu accéléré, c'pas possible de faire trois postes d'histoires Suspect et puis, plus j'entrais dans les détails, moins j'avais l'impression d'avancer mdr :p

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MessageSujet: Re: Katniss Everdeen   Jeu 7 Juin - 13:55

omg ça c'est de la fiche omg

OOOUUUIIII BIENVENUE lol!

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❝ La souffrance peut occuper une telle place qu’on en oublie le bonheur. Parce qu’on ne
se rappelle pas avoir été heureux. Et puis, un jour, on ressent quelque chose d’autre, ça
nous fait bizarre, seulement parce qu’on n’a pas l’habitude, et à ce moment précis, on se
rend compte qu’on est heureux. ❞ONE TREE HILL. ©️ CJ.POMME'


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MessageSujet: Re: Katniss Everdeen   Jeu 7 Juin - 13:56

MDR j'avoue j'ai un tit peu battu mon records Embarassed lol merci ma belle love love love

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MessageSujet: Re: Katniss Everdeen   Jeu 7 Juin - 15:32

affraid top Bravo ( c'est pas la fondatrice pour rien lol! )

Je te valide ou tu le fais ...???? lol!

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« Je voudrais trouver un moyen de leur montrer que je ne leur appartiens pas et si je dois mourir je veux rester tel que je suis . »

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MessageSujet: Re: Katniss Everdeen   Jeu 7 Juin - 15:33

MDR quoi ne me dis pas que tu n'as pas le courage de lire ma fiche mdr :p

Plus sérieusement si ma fiche te convient je te laisse le faire avec plaisir Very Happy

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MessageSujet: Re: Katniss Everdeen   Jeu 7 Juin - 15:35

Suspect J'avais déjà lu une partie, hein donc je n'ai du lire que les rajoutes à "underco" Razz
Donc (que d'honneur!!!!) j'ai l'honneur d'officiellement ( j'y arriverai oui) te souhaiter (yes!)


Félicitation, te voilà à présent citoyen de Panem,
Il ne te reste plus qu'à ouvrir ta fiche personnages: ICI, ainsi que de finir de remplir quelques champs dans ton profil si ce n'est pas déjà fait.
Nous te conseillons également, vivement, de suivre le sujet des annonces/rappels. Cela te permettra d'éviter de passer à côté d'infos capitales. Pour cela, rien de plus simple, il te suffit de te rendre ICI. En bas du tableau, juste en dessus de la ligne: "Utilisateurs parcourant actuellement le forum", tu trouveras à droite le lien suivant: "surveiller les sujets de ce forum". Il te suffira alors de cliquer dessus. Tu seras par la suite averti par mail si jamais de nouveaux messages sont postés dans cette rubrique. Enfin et parce que ton profil sera bien plus sympa comme ça, rendez-vous ICI pour finir de le mettre en place avec nous...
Après si tu ne sais pas par où commencer tu peux toujours te diriger vers le marché: ICI.
De la même manière le forum fonctionne sur système de points que l'on nomme ici Tesserae, tu trouveras le nombre de Tesserae à ton actif dans ton profil, sous l'avatar, dans le champ "Tesserea". Ces points te permettront d'avoir accès à certains privilèges tels qu'un double compte ou encore la création d'un scenario. Tu trouveras le système en détaillé ICI. RPs (n'oublie pas Wink avec un minumum de deux réponses par mois), flooder, grapher, et voter pour les tops sites t'apporteront les points dont tu auras besoin pour aider ton district à se développer et pour pouvoir dépenser des Tesserae...

Dans tous les cas le flood et les jeux te tendent les bras et sont un bon moyen de faire connaissance ^^. Personne ne mord ici (enfin on se retiendra promis :p), on a vérifié pour toi Wink, alors n'hésite pas à poser des questions, et à demander des sujets et des liens.

En te souhaitant beaucoup de plaisir parmi nous...
Have Fun.

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MessageSujet: Re: Katniss Everdeen   Jeu 7 Juin - 16:09

Mdr merci merci c'est trop d'honneur et maintenant hop hop hop notre sujet nonmais :p

Oui oui vous avez vu comme je suis despotique :p

love love love

Merci mon Peeta Very Happy

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